Etats-Unis: La sécurité des aéroports a de gros efforts à faire dans la lutte contre le terrorisme

SECURITE Un rapport cloue au pilori les contrôles et précautions de l'Autorité américaine de sécurité dans les transports...

20 Minutes avec AFP

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Illustration de l'aéroport de Chicago.
Illustration de l'aéroport de Chicago. — M. Spencer Green/AP/SIPA

Y a t-il un pilote pour la sécurité des aéroports ? Des explosifs qui passent à travers les mailles du filet, des équipements défaillants et même l’embauche de suspects de terrorisme : le système américain de sécurité dans les aéroports est mis au pilori après la découverte de multiples « vulnérabilités ». Au moins 73 employés ont été recrutés dans des aéroports américains malgré des liens possibles avec des organisations extrémistes et n’ont pas été détectés par l’Autorité américaine de sécurité dans les transports (TSA), dévoile mardi un rapport de l’Inspection générale (OIG).

La TSA ne peut consulter la « No Fly List » du FBI

Car la TSA, responsable du contrôle des passagers et des bagages dans les aéroports américains, « n’a pas accès à toutes les informations relatives au terrorisme », a révélé John Roth, l’inspecteur général du ministère de la Sécurité intérieure. Particulièrement « perturbant », selon un sénateur, l’agence fédérale n’est pas autorisée à consulter la « No Fly List » du FBI, qui interdit à ceux qui y figurent de prendre des vols au départ ou à destination des Etats-Unis. « Nous avons besoin d’une loi » pour que la TSA ait accès à ces éléments-clés, a plaidé John Roth, lors d’une audition devant une commission parlementaire convoquée après l’annonce de failles de sécurité aux aéroports.

Selon le rapport, consulté par l’AFP, la TSA « s’est reposée sur les aéroports » au moment du recrutement de ces vendeurs ou employés, et « n’a pas pris toutes les assurances pour approuver convenablement les candidats ». D’anciens employés « badgés » de l’aéroport de Minneapolis-St Paul se sont rendus en Syrie pour rejoindre l’organisation Etat islamique, a révélé Becky Roering, qui travaille dans cet aérogare comme adjointe du directeur à la sécurité.

Des millions de passagers prioritaires choisis de manière aléatoire

Tout aussi « troublantes », selon Becky Roering, les failles dans la sécurité du programme « preCheck » de la TSA, qui permet à des passagers présélectionnés d’éviter les longues files d’attente aux points de contrôle aux aéroports. « TSA gère le système preCheck comme des bonbons d’Halloween, pour faire passer les passagers le plus vite possible », a dénoncé la responsable des inspections à l’Agence.

Un million de passagers prenant fréquemment l’avion sont enregistrés dans ce programme payant en raison du peu de risques qu’ils représentent. D’autres, environ 7,2 millions, sont sélectionnés de manière aléatoire aux aéroports pour faire gagner du temps à la fois aux voyageurs et aux agents de sécurité, selon Becky Roering. Mais un repris de justice, ancien membre d’une organisation extrémiste, s’est retrouvé dans cette sélection aléatoire et a été autorisé, rapidement et sans encombre, à pénétrer en zone sécurisée, a raconté John Roth. Connu pour son passé criminel, cet homme avait pourtant été identifié au faciès par un agent de la TSA, qui avait alerté son supérieur.

La TSA ne « comprend pas la gravité de la situation »

Des badges ont disparu, volés ou perdus, des équipements de contrôle ont montré des défaillances, mais la TSA ne « comprend pas la gravité de la situation », a fustigé l’inspecteur général. La semaine dernière, le ministre américain de la Sécurité intérieure Jeh Johnson avait annoncé des mesures immédiates, après avoir été informé de ces nombreuses failles et « vulnérabilités » encore classifiées. Mais pour Robert Maclean, agent de la police de l’Air, déjà célèbre lanceur d’alerte à la Cour suprême, la TSA se concentre trop sur les armes à feu, qui représentent une « distraction » aux points de sécurité.