Crash de la Germanwings: Les dépouilles de 44 victimes rapatriées en Allemagne

ACCIDENT L’appareil, un MD11, dans lequel les cercueils ont été chargés, a décollé dans la soirée de Marignane…

20 Minutes avec AFP

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 Un avion-cargo spécialement affrété par Lufthansa transporte les dépouilles des victimes allemandes du crash de l'A320 de la Germanwings, le 9 juin 2015.
Un avion-cargo spécialement affrété par Lufthansa transporte les dépouilles des victimes allemandes du crash de l'A320 de la Germanwings, le 9 juin 2015. — ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

Quarante-quatre dépouilles de victimes allemandes de l’accident de l’avion de la Germanwings, les premières depuis la catastrophe qui a fait 150 morts le 24 mars dans les Alpes françaises, ont été transférées mardi soir de Marseille à Düsseldorf (Allemagne) par un vol spécial de la Lufthansa. L’appareil, un avion-cargo de type MD11, a décollé à 21h03 de l’aéroport de Marignane, où les cercueils ont été chargés sous la pluie. Il s’était posé vers 18h25 sur le tarmac de l’aéroport, se positionnant à plusieurs centaines de mètres de l’aérogare.

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Il doit atterrir à 22h30 à Düsseldorf, a indiqué dans un communiqué la Lufthansa, maison mère de la compagnie low cost Germanwings. Ce vol spécial intervient à deux jours d’une rencontre à Paris entre le procureur de Marseille, Brice Robin, et les proches des victimes, pour évoquer notamment l’identification et le rapatriement des corps des victimes.

La colère des familles

La semaine dernière, les familles des 16 lycéens décédés de la petite ville d’Haltern am See (ouest de l’Allemagne) avaient écrit à Lufthansa pour exprimer leur colère face au retard annoncé par la compagnie allemande dans le rapatriement des dépouilles. Dans leur courrier, elles soulignaient que le rapatriement des corps était prévu initialement les 9 et 10 juin et qu’ainsi elles avaient programmé les premières cérémonies d’obsèques à partir du 12. Elles réagissaient ainsi vivement après que la compagnie les eut informées dans un message « lapidaire », selon-elles, de l’interruption de la procédure de rapatriement, en raison d’erreurs dans l’établissement des certificats de décès.

Pourtant en France, le maire de Prads-Haute-Bléone, (Alpes-de-Haute-Provence), Bernard Bartolini, qui a signé les 150 actes d’état civil, avait déclaré qu’il n’y avait « pas de problème » mais de simples erreurs typographiques « sur des noms à consonance étrangère ». « Ça ne bloque rien du tout (…). Tous les actes sont partis depuis trois semaines, et à mesure que nous recevons les corrections demandées par le procureur, nous les faisons », avait-il indiqué.

Les restes des autres victimes rapatriés « dans les prochaines » semaines

L’avocat de certaines de ces familles, Elmar Giemulla, a depuis ainsi confirmé dans un bref communiqué que « les obsèques pourront bien avoir lieu comme prévu ». « Après ce premier vol spécial vers Düsseldorf, les autres victimes seront rapatriées dans leur pays d’origine dans les prochaines semaines », a également indiqué Lufthansa.

La Lufthansa a également indiqué que les restes des corps des autres victimes seraient rapatriés « dans les prochaines » semaines. En France, le procureur a précisé à l’AFP qu’il devait rencontrer jeudi à Paris les proches des victimes pour évoquer « les procédures d’identification » et de « rapatriement des corps », et « la restitution des effets personnels identifiés ou non identifiés ». Cent cinquante personnes dont 72 Allemands sont mortes le 24 mars lors de l’accident de l’A320 de Germanwings dans les Alpes françaises. Selon les enquêteurs, l’appareil a été précipité au sol par son copilote allemand, Andreas Lubitz, qui avait souffert dans le passé de graves troubles psychologiques.