Espagne: le fossé entre le gouvernement et l'opposition se creuse

Marine Aubonnet

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Le gouvernement espagnol, en quête d'unité après la rupture du processus de paix avec l'ETA, a entamé lundi un dialogue difficile avec l'opposition conservatrice, alors que le parti basque radical Batasuna se démarquait du récent attentat meurtrier de l'organisation armée.
Le gouvernement espagnol, en quête d'unité après la rupture du processus de paix avec l'ETA, a entamé lundi un dialogue difficile avec l'opposition conservatrice, alors que le parti basque radical Batasuna se démarquait du récent attentat meurtrier de l'organisation armée. — Pierre-Philippe Marcou AFP

Une fois de plus, les espoirs de paix au Pays basque semblent anéantis. Mercredi à minuit, l’ETA a officiellement rompu «le cessez-le-feu permanent». Le gouvernement et l’opposition de droite se renvoient la faute et la presse espagnole commente.
Le quotidien «El Pais»  souligne l’amertume du Premier ministre socialiste José Luis Zapatero face à l’attitude du leader conservateur du PP, Mariano Rajoy, qui a fait de la question basque son principal angle d’attaque contre la majorité. Quelques heures après l’annonce de la fin du cessez-le-feu, Rajoy a ainsi critiqué la stratégie de négociation privilégiée par le gouvernement de gauche. En réponse, Zapatero appelait, mercredi matin à «l'union des forces démocratiques est une valeur essentielle» en matière de lutte antiterroriste. «El Pais» insiste donc sur la volonté du Premier ministre de poursuivre le processus de paix «avec ou sans le PP».

«El Mundo»  surprenant. Le journal rappelle que le parti conservateur a toujours critiqué les négociations du gouvernement avec l’ETA. Le 6 juin dernier, Mariano Rajoy avait affirmé que les pourparlers avec le mouvement indépendantiste basque étaient «ignobles». En conséquence, le PP avait décidé de rompre ses relations avec le gouvernement.

Le journal conservateur «ABC»  considère la situation par l’autre bout de la lorgnette. «Zapatero engage une guerre de reproches et de critiques contre le PP», écrit-il à sa une. La rédaction estime que Zapatero s’acharne sur l’opposition au lieu de reconnaître son échec.

Malgré ces frictions, le chef du gouvernement et son opposant Mariano Rajoy ont prévu de se rencontrer d’ici à la fin du mois. La presse doute qu’ils puissent un jour se reconcilier.