Granda: ira, n’ira pas ?

avec AFP

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Le chef guérillero Rodrigo Granda, libéré par le gouvernement colombien, a annoncé mardi à Bogota qu'il revenait à la direction des FARC (guérilla marxiste) de se prononcer sur son rôle de médiateur pour un échange humanitaire.
Le chef guérillero Rodrigo Granda, libéré par le gouvernement colombien, a annoncé mardi à Bogota qu'il revenait à la direction des FARC (guérilla marxiste) de se prononcer sur son rôle de médiateur pour un échange humanitaire. — AFP/Conferencia Episcopal

Le chef guérillero Rodrigo Granda, libéré lundi par le gouvernement colombien, s’en remet aux Farc pour endosser ou non son rôle de médiateur. La guerilla est restée muette depuis sa libération. Astrid Betancourt, soeur de l'otage franco-colombienne, a bon espoir que Granda devienne l’intermédiaire attendu. Il est reconnu par la guerilla comme médiateur, a-t-elle déclaré à la radio colombienne Caracol, quelques heures après s'être entretenue avec le président français Nicolas Sarkozy.

«Depuis toujours, j'ai été et serai un travailleur infatigable pour la paix avec une justice sociale et pour un échange humanitaire sur la base de l'égalité entre les parties», a déclaré Rodrigo Granda, le ministre des «Affaires étrangères» des Farc.

Un échange qui a un prix: les Farc réclament la libération par le gouvernement colombien de 500 de leurs hommes en échange de 56 otages, dont la franco-colombienne Ingrid Betancourt et trois Américains.

Granda tape sur Uribe mais remercie Sarkozy

Le processus de libération a été lancé mardi par le président colombien Alvaro Uribe, qui a gracié 56 prisonniers. Un geste critiqué par Granda qui a qualifié mardi soir ces rebelles de «déserteurs» et «obscurs personnages qui s'autoproclament commandants de troupes inexistantes».

«La louable intervention du président français en faveur de ma liberté a été dévoyée par Alvaro Uribe et d'autres fonctionnaires du gouvernement qui y ont vu l'opportunité qu'ils recherchaient pour tenter de diviser les Farc», a-t-il poursuivi avant de remercier l’intervention de Nicolas Sarkozy en sa faveur.

«Il a certainement eu présent à l'esprit que ni Granda ni les Farc, nous ne sommes des terroristes, des narcotrafiquants ou des délinquants de droit commun», a-t-il déclaré.

Recherché par le Paraguay

Libéré sans condition par le gouvernement colombien, Granda est toujours recherché par le Paraguay. Il est soupçonné de complicité dans l'enlèvement et l'assassinat en 2005 de Cecilia Cubas, la fille de l'ancien président Raul Cubas. Le président paraguayen, Nicanor Duarte, a fait savoir mardi qu’il demandait son extradition. Sa requête a peu de chance d’aboutir.