Russie et Etats-Unis à couteaux tirés sur le bouclier antimissile en Europe de l'Est

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Le spectre de la guerre froide va-t-il hanter le sommet de Heiligendamm ? Vla­dimir Poutine, très remonté contre le projet américain d'im­planter un bouclier anti­missile en Europe de l'Est, multiplie les déclarations fracassantes.

Lundi, le président russe affirmait que la Russie se voyait « obligée de réagir » et a menacé de pointer

des missiles vers l'Europe. Le bouclier, officiellement dirigé contre d'éven­tuelles at­taques nord­-­coréennes ou iraniennes, ne fait selon Poutine qu'« augmenter les risques de déclenchement d'un conflit nucléaire » et « ébranle l'équilibre stratégique du monde ». « La guerre froide est terminée », lui a rappelé hier depuis Prague George Bush, qui s'est voulu rassurant : « La Russie n'est pas notre ennemi. Le bouclier antimissile est une mesure purement défensive, qui

ne vise pas la Russie mais les menaces réelles. » Puis, s'adressant à Moscou, le président américain a demandé : « Pourquoi ne coopéreriez-vous pas ? »

Cette querelle spectaculaire s'accompagne d'une série de contentieux entre les deux pays, notamment sur les libertés. George Bush ne s'est d'ailleurs pas privé de critiquer hier l'état de

la démocratie sous Poutine. « En Russie, on a fait dérailler les réformes qui

promettaient de donner le pouvoir au peuple, avec de troublantes conséquences pour l'évolution démocratique », a-t-il affirmé. Des critiques contestées dans la soirée par le Kremlin. Leurs différends ne devraient pas manquer de resurgir dès aujourd'hui au G8.