Un G8 sous tension en Allemagne

SOMMET Divergences et relent de guerre froide risquent d'alourdir l'ambiance des discussions...

Faustine Vincent

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La jolie station balnéaire de Heiligendamm en Allemagne s'est muée en véritable camp retranché. Une barrière métallique de 12 km de long et pas moins de 16 000 policiers ont été déployés pour accueillir les 2 000 participants du sommet du G8, qui s'ouvre aujourd'hui pour trois jours dans un climat tendu, avec menaces de débordements à la clé. Plusieurs dossiers sensibles sont au menu.

· Le réchauffement climatique

C'est la priorité du sommet. Echanges saignants en per­s­pective, tant les divergences sont fortes entre Eu­ropéens et Américains sur la question. Le président Bush refuse de se plier au plan européen d'une réduction de moitié des gaz à effet de serre d'ici à 2050 par rapport au niveau de 1990. Il propose pour sa part un nouveau cycle de négociations, sans fixer d'échelle ni de délai pour la réduction des gaz à effet de serre.

· L'aide aux pays africains

En 2005, les pays riches du G8, réunis à Gleneagles, s'étaient engagés sous les applaudissements à annuler la dette publique multilatérale de 35 pays pauvres et à doubler le montant de leur aide annuelle à 50 milliards de dollars d'ici à 2010. Promesses non tenues, dénonce la Banque mondiale aujourd'hui. Le G8 de Heiligendamm devrait donc réitérer ses engagements.

· Le Kosovo

Le futur statut de cette province serbe divise les Occidentaux et les Russes. Moscou, allié de la Serbie, refuse son indépendance. Les discussions seront âpres, alors que le Conseil de sécurité de l'ONU doit se prononcer bientôt sur un rapport recommandant une indépendance « sous supervision internationale ».

· Le Darfour

La France veut convaincre le G8 de venir en aide aux populations de cette province à l'ouest du Soudan, en proie à une guerre civile depuis 2003, en installant « un corridor humanitaire à partir du Tchad » voisin, une idée du chef de la diplomatie Bernard Kouchner.

· Le bouclier antimissile

Le projet américain (lire ci-dessous) sera, lui aussi, de la partie après les propos menaçants de la Russie.