Les frappes aériennes tueraient plus de 1.000 combattants de Daesh par mois

MONDE Les raids aériens «ont un effet profond sur l'ennemi», affirme un général américain...

M.C. avec AFP

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Un pilote français vérifie son avion avant de décoller du porte-avions Charles de Gaulle, le 17 mars 2015.
Un pilote français vérifie son avion avant de décoller du porte-avions Charles de Gaulle, le 17 mars 2015. — Hasan Jamali/AP/SIPA

Critiquée aux Etats-Unis et à l'étranger sur l'efficacité de sa campagne de bombardements, l'administration Obama répond. Les frappes de la coalition menée par les Etats-Unis contre Daesh ont permis de tuer «plus de 1.000» combattants ennemis par mois, a déclaré vendredi l'un des généraux américains dirigeant l'opération.

Les raids aériens «ont un effet profond sur l'ennemi» et «ont retiré du champ de bataille plus d'un millier de combattants ennemis par mois», a estimé le général John Hesterman, chef de la composante aérienne du commandement militaire au Moyen-Orient, qui s'exprimait lors d'une conférence téléphonique depuis le Qatar.

75% des avions reviennent sans avoir largué de bombe

Certains parlementaires et anciens officiers de l'US Air Force accusent notamment Washington de trop brider l'action de ses pilotes. Le général a confirmé que dans environ 75% des missions, les avions reviennent sans avoir largué de bombe, mais «les comparaisons avec des conflits contre une armée régulière d'Etat nation ne s'appliquent pas», selon lui.

«Prendre pour cible une armée régulière est relativement facile», mais il est beaucoup plus difficile de viser les combattants du groupe djihadiste Etat islamique qui depuis le début se sont «plongés dans la population civile», a expliqué le général. Les djihadistes ne se montrent pas à découvert en grands nombres, a-t-il expliqué. Et la coalition doit aussi faire attention à distinguer entre les combattants de l'EI et les forces irakiennes, et à éviter les victimes civiles.

Doutes sur l'efficacité de la stratégie

«Il n'a jamais été aussi difficile de faire la différence entre amis et ennemis qu'aujourd'hui en Irak», a estimé l'aviateur. «Il est impossible de les distinguer quand ils s'habillent de la même manière et utilisent le même équipement». Si des bombardements sur des forces irakiennes avaient eu lieu par erreur, «la coalition serait à mon avis déjà défaite depuis un bout de temps», a-t-il dit.

Le responsable militaire a par ailleurs réfuté le témoignage de pilotes rapportés dans des médias américains, qui regrettaient de devoir respecter des règles d'engagement trop strictes pour frapper les djihadistes. La coalition peut donner son accord pour la plupart des frappes dans un temps qui se mesure «en minutes, pas en heure ou en demi-heure», a déclaré le général.

Depuis août 2014, la coalition a mené 15.675 missions aériennes, dont 4.423 ont donné lieu à un bombardement, selon ses chiffres. Mais cette campagne de frappes n'a pas empêché les djihadistes ultra-radicaux de prendre la ville irakienne de Ramadi (ouest), suscitant les doutes sur l'efficacité de la stratégie suivie par l'administration Obama.