Népal: Des cours d'autodéfense pour les victimes du séisme

Séisme La police de Katmandou espère ainsi que ceux qui ont trouvé refuge dans des camps de fortune après le tremblement de terre du mois d'avril pourront assurer leur sécurité...

L.L. avec AFP

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Les tremblements de terre des 25 avril et 12 mai ont fait 8.700 morts.
Les tremblements de terre des 25 avril et 12 mai ont fait 8.700 morts. — Niranjan Shrestha/AP/SIPA

Se reconstruire, mais aussi arriver à assurer sa propre sécurité. Après le séisme, près de 500.000 personnes se sont retrouvées sans abri et contraintes de camper. Pour qu’elles soient en sécurité, la police népalaise a annoncé vendredi avoir entrepris de donner des cours d’autodéfense aux femmes et aux enfants.

Cette décision fait suite à une série d’attaques qui a eu lieu dans des camps de rescapés. « Des cas de mauvais traitement et de violences ont été enregistrés dans des camps et des femmes se sont plaintes de ne pas s’y sentir en sécurité », a expliqué une responsable de la police, Tara Devi Thapa, qui coordonne les cours.

Reprendre confiance

L’idée : les aider à se sentir plus en confiance face aux agresseurs grâce à des techniques qui les protégeront. Ce vendredi, ce sont des dizaines de femmes qui ont interrompu leurs tâches ménagères pour se rendre sur un terrain d’un camp de Katmandou où une équipe de policières leur a enseigné des rudiments de judo et de karaté. Les quelques hommes curieux ont vite été repoussés et les femmes ont pu établir un véritable climat de confiance. Au menu : entraînement à donner des coups de poing, de pied et à faire des mouvements de blocage contre les agresseurs.

« Ne pensez pas que vous êtes vulnérable simplement parce que vous êtes une femme », leur a dit Pramila Khadka, une policière. « Ecoutez-moi attentivement, et vous n’aurez aucun mal à venir à bout de quelqu’un de plus fort que vous », leur a-t-elle expliqué. Selon la police, 40 femmes et 80 enfants ont assisté aux cours jusque-là et d’autres camps pourraient bénéficier de cette initiative.

Climat hostile

Si ces cours ne sont dispensés qu’aux femmes et aux enfants, c’est parce qu’ils sont, depuis plusieurs années, devenus des cibles de choix pour les trafiquants. Le séisme n’a fait que renforcer ce climat dangereux, déjà fragilisé par le chômage, la pauvreté et l’impact de l’insurrection maoïste. Naina Rai, une femme de 19 ans vivant dans le camp depuis plus d’un mois, confie à l’AFP : « Il y a des techniques très utiles, je leur suis reconnaissante. Maintenant, si un homme s’en prend à moi, il ne s’en sortira pas indemne. »

Les deux tremblements de terre des 25 avril et 12 mai ont fait 8.700 morts et laissé près de 500.000 personnes sans abri.