Le trois-mâts L'Hermione atteint sa première escale américaine

MONDE La réplique de la frégate qui amena en 1780 La Fayette apporter le soutien de la France aux insurgés américains contre l'Angleterre, est arrivée à Yorktown (Virginie) ce vendredi en début d'après-midi...

B.D. avec AFP

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L'USS Mitscher (D), un destroyer américain, croise la réplique de la frégate française L'Hermione au large des côtes de Virginie, le 2 juin 2015.
L'USS Mitscher (D), un destroyer américain, croise la réplique de la frégate française L'Hermione au large des côtes de Virginie, le 2 juin 2015. — AFP PHOTO / US NAVY / Mass Communications Specialist 1st Class Michael Sandberg

Après s'être annoncée par 21 coups de canon, la réplique de L'Hermione qui amena en 1780 La Fayette apporter le soutien de la France aux insurgés américains contre l'Angleterre, est arrivée ce vendredi à Yorktown (Virginie), la première étape de son périple américain.

Plusieurs centaines de personnes ont bravé un ciel très gris et un crachin persistant pour venir acclamer la majestueuse frégate après 6.000 km d'une traversée sans histoire de l'Atlantique. Le trois-mâts, qui avait quitté l'île d'Aix, en Charente-Maritime, le 18 avril, est arrivé à 8h21 (14h21 à Paris) dans le petit port de la ville historique de Yorktown, située à 260 km au sud de Washington.

Canonnades

Il a tiré de son bord 21 coups de canon auxquels a répondu une canonnade identique venue de la terre américaine. «Ca fait 18 ans que j'attends ce moment. C'est un grand moment d'émotion», a confié Brigitte van den Hove-Smith, présidente de l'association Friends of the Hermione. Les curieux amassés sur les berges ont pu remonter dans le temps en admirant le navire alors que retentissaient fifres et tambourins et qu'évoluaient des personnages en costume d'époque.

«C'est un jour tellement merveilleux. Nous n'oublierons jamais la France sans laquelle nous ne serions pas les Etats-Unis», a confié Catherine Camillucci, la soixantaine, venue de la ville voisine de Gloucester. Des dizaines de personnalités françaises et américaines ont également fait le déplacement.

Une cérémonie officielle en présence notamment de la ministre française de l'Ecologie Ségolène Royal et du gouverneur de Virginie Terry McAuliffe, avec hymnes nationaux et salut aux couleurs, devait célébrer l'amitié franco-américaine et l'histoire commune des deux nations dans cette ville.

17 ans de construction

Située à l'entrée de la baie de Chesapeake, elle a été le théâtre en 1781 d'une victoire des «patriotes» américains commandés par George Washington, appuyés par Gilbert du Motier, marquis de La Fayette (1757-1834), les troupes françaises du comte de Rochambeau et l'escadre de l'amiral de Grasse.

Après une escale de trois jours à Yorktown, le trois-mâts reconstruit pendant 17 ans dans le chantier naval de Rochefort, doit effectuer pendant plus d'un mois un périple de 11 étapes dans les hauts lieux de la révolution américaine, comme Philadelphie et Boston, le long des côtes du pays, avant une dernière escale au Canada. Avec, en parallèle, depuis des mois des centaines de festivités, expositions et conférences thématiques.

L'apothéose des célébrations est prévue dans la baie de New York, où «L'Hermione» sera escortée de centaines de bateaux à voile ou à moteur pour la grande parade du 4 juillet, jour de l'Indépendance américaine, sous l'oeil de la statue de la Liberté.