Orange «aime» Israël, assure Stéphane Richard

POLEMIQUE Le PDG d’Orange a souligné dans une interview au quotidien « Yedioth Ahronoth » que son annonce était « purement commerciale »…

B.D. avec AFP

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Stephane Richard, le PDG d'Orange donne un discours lors de l'événement "Essentiels 2020" le 17 mars 2015 à Paris
Stephane Richard, le PDG d'Orange donne un discours lors de l'événement "Essentiels 2020" le 17 mars 2015 à Paris — ERIC PIERMONT AFP

Le PDG d'Orange Stéphane Richard assure ce vendredi, selon des propos rapportés par la presse israélienne, que l'opérateur français de téléphonie «aime» Israël et que sa décision de retirer sa marque de ce pays n'était pas liée à des appels au boycott.

«Ceci n'a rien à voir avec Israël, nous aimons Israël, nous sommes présents en Israël, sur le marché des entreprises, nous investissons dans l'innovation en Israël, nous sommes les amis d'Israël, donc cela n'a absolument rien à voir avec un quelconque débat politique, auquel je ne veux pas prendre part», dit-il au quotidien populaire Yedioth Ahronoth.

«J'en suis vraiment désolé»

«C'est une question purement commerciale concernant l'emploi de notre marque par la compagnie (israélienne Partner) sous contrat de licence», a-t-il expliqué. «Je n'étais pas au courant qu'il existait une espèce de campagne internationale sur le sujet, j'en suis vraiment désolé», a-t-il assuré, en faisant référence à une campagne internationale et non-gouvernementale de boycott destinée à faire pression sur Israël pour mettre fin à l'occupation des Territoires palestiniens.

Il ne fait quasiment aucun doute en Israël qu'Orange cherche à se dissocier de Partner parce que ce dernier fournit ses services non seulement en Israël, mais aussi dans les colonies en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, des zones occupées de façon illégale selon la communauté internationale.

«La France est fermement opposée au boycott d’Israël»

Dans une tentative d'atténuer la colère des autorités israéliennes, le ministre des Affaires Etrangères français, Laurent Fabius, a souligné ce vendredi matin: «S’il appartient au président du groupe Orange de définir la stratégie commerciale de son entreprise, la France est fermement opposée au boycott d’Israël.»

Une déclaration immédiatement commentée par la ministre adjointe israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Hotovely: «Je salue l'annonce du gouvernement français à renoncer à toute forme de boycottage à l'encontre d'Israël.»

Cependant, dans son bref communiqué, Laurent Fabius a souligné: «La France et l’Union européenne ont par ailleurs une position constante et connue de tous sur la colonisation.» En juin dernier, Paris avait, comme l'Allemagne, l'Italie et la Grande-Bretagne, publié une mise en garde relative aux activités économiques dans les colonies: «Il existe des risques liés aux activités économiques et financières dans les colonies israéliennes», indique ainsi le site Internet du Quai d'Orsay, en évoquant de possibles conséquences «juridiques et économiques».

Levée de boucliers

Stéphane Richard a causé une levée de boucliers en Israël en déclarant mercredi au Caire qu'il était prêt à «abandonner demain matin» ses liens avec Partner, qui utilise le nom et l'image d'Orange en Israël contre une redevance, si Orange ne s'exposait pas à des «risques énormes» de demande de dédommagement.

Ces propos, prononcés alors que toute la classe politique israélienne s'agite frénétiquement depuis quelques jours sur la question du boycott, ont immédiatement été brocardés comme une nouvelle atteinte à la légitimité d'Israël.