Illustration d'un Aborigène jouant du didgeridoo.
Illustration d'un Aborigène jouant du didgeridoo. — SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

SOCIETE

Australie: Amnesty condamne la surreprésentation des jeunes Aborigènes dans les prisons

Les jeunes aborigènes ont 26 fois plus de risques de se retrouver derrière les barreaux que les autres...

Amnesty International a dénoncé ce mardi la proportion croissante d’enfants et adolescents aborigènes et indigènes placés en détention en Australie, appelant le gouvernement à lutter contre le phénomène.

Dans un rapport intitulé A brighter tomorrow : Keeping Indigenous kids in the community and out of détention in Australia, l’organisation de défense des droits de l’Homme souligne le fait que les enfants de ces communautés ont 26 fois plus de risques de se retrouver derrière les barreaux que les autres.

Les aborigènes représentent 59 % des jeunes en détention

Au total, alors qu’ils représentent 5 % de la population totale, les jeunes de 10 à 17 ans membres de ces minorités représentent 59 % de la population carcérale dans cette classe d’âge. Selon des données datant de 2011, « cette surreprésentation ne fait que s’aggraver » rapporte Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty en Australie, précisant que 4 ans plus tôt, ces mêmes enfants avaient 21 fois plus de risques d’être incarcérés.

« Malheureusement lorsque des enfants ont été incarcérés avec des opportunités limitées de réinsertion (…) il y a toutes les chances pour qu’ils passent le reste de leur vie à récidiver », a ajouté le secrétaire général de l’association.

Des incohérences dans la collecte des données judiciaires

Mick Gooda, commissaire à la justice sociale pour les Aborigènes et indigènes du Détroit de Torres, a comparé la surreprésentation de la jeunesse dans les prisons à « une épidémie ». « C’est une urgence nationale. Cela doit changer, de toute urgence, » a-t-il écrit, mettant en cause la persistance de l’héritage colonial, le racisme et les inégalités sociales et économiques.

De surcroit, l’étude met en lumière les lacunes et les incohérences entre les différents Etats australiens dans la collecte des données judiciaires, empêchant de ce fait les autorités d’apporter une réponse adaptée.

Une minorité pauvre et marginalisée

Pour renverser la tendance, Amnesty recommande la mise en œuvre d’une nouvelle législation garantissant le placement en détention provisoire des mineurs en attente d’un procès uniquement dans les cas extrêmes, une meilleure aide juridique ainsi que le placement en détention des moins de 17 ans seulement en ultime recours.

Les Aborigènes et les indigènes du détroit de Torrès vivent en Australie depuis plus de 40.000 ans et forment la population la plus pauvre et la plus marginalisée du pays. Lors de l’arrivée des colons européens en Australie en 1788, les aborigènes étaient environ un million. Ils ne représentent plus aujourd’hui que 470.000 des 23 millions d’habitants du pays.