3.300 migrants secourus en Méditerranée, vendredi

SAUVETAGE La marine italienne a eu fort à faire en Méditerranée...

Julien Sofianos

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Des migrants pris en charge en Méditerranée, le 19 mai 2015
Des migrants pris en charge en Méditerranée, le 19 mai 2015 — Carmelo Imbesi/AP/SIPA

Les gardes-côtes italiens ont annoncé vendredi avoir coordonné dans la journée le sauvetage de plus de 3.300 migrants en Méditerranée, où la marine italienne a retrouvé 17 cadavres sur plusieurs embarcations de fortune. Les cadavres ont été retrouvés dans trois canots pneumatiques différents, à bord desquels se trouvaient également plus de 300 migrants en vie.

Les appels au secours sont venus de 17 embarcations, essentiellement au large de la Libye mais aussi au sud des côtes italiennes, et d'autres opérations étaient encore en cours dans la soirée.

Les opérations de secours de vendredi ont impliqué au moins quatre bâtiments de la marine militaire italienne, des bateaux des gardes-côtes et de la police douanière, ainsi que des navires militaires irlandais et allemand, des navires étrangers engagés dans l'opération européenne Triton et des cargos déroutés.

Chaque opération peut prendre plusieurs heures, le temps de transporter les migrants de leur embarcation de fortune vers le bateau des secours. Même par temps calme, la manoeuvre est toujours risquée, surtout en début d'intervention, quand le moindre mouvement sur le bateau surchargé peut faire chavirer toute l'embarcation.

Les conditions extrêmes endurées par les migrants

Les gardes-côtes insistent régulièrement sur les conditions «extrêmes» endurées par les migrants : déshydratation, alternance de chaleur et de froid, violences subies avant le départ ou pendant la traversée. De nombreux migrants meurent également asphyxiés par des émanations des moteurs quand ils voyagent dans la soute d'un bateau de pêche, mais cela n'arrive pas sur les canots.

Depuis le début de l'année, plus de 40.400 immigrés clandestins ont débarqué en Italie, mais environ 1.770 hommes, femmes et enfants sont morts ou disparus en tentant la traversée, selon le dernier décompte de l'Organisation internationale des migrations (OIM).

«Cela fonctionne beaucoup par vagues. Il peut y avoir plusieurs jours sans rien, puis de nombreuses arrivées d'un coup», a expliqué à l'AFP Flavio di Giacomo, porte-parole de l'OIM en Italie.

Ces arrivées, même massives, restent dans le même ordre de grandeur que l'année dernière en Italie, où les autorités avaient enregistré 41.243 arrivées entre le 1er janvier et le 31 mai 2014.