Birmanie: Un bateau avec plus de 700 migrants découvert par la marine

IMMIGRATION Nouvel épisode d’une crise des migrants en Asie du Sud-Est…

Fabrice Pouliquen

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Ces dernières semaines, plus de 3.500 migrants affamés sont arrivés en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie.
Ces dernières semaines, plus de 3.500 migrants affamés sont arrivés en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie. — S. Yulinnas/AP/SIPA

La Birmanie a annoncé vendredi avoir découvert en mer un bateau avec plus de 700 migrants entassés à bord, dernier développement de la crise des migrants en Asie du Sud-Est.

Le ministère de l'Information a précisé qu'il s'agissait de «Bangladais», un nom qui désigne en birman aussi bien les Bangladais que les Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie sans reconnaissance légale.

«La marine les a emmenés vers l'île de Haigyi», au large des côtes occidentales de la Birmanie, a ajouté le ministère, sans préciser le sort réservé à ce groupe composé de 608 hommes, 74 femmes et 45 enfants.

Des milliers de boat people ont été abandonnés en mer par leurs passeurs, à la suite d'une politique soudain répressive de la Thaïlande, pays de transit habituel, ayant eu pour effet de désorganiser les filières.

3.500 migrants ont pris la mer ces dernières semaines

Ces dernières semaines, plus de 3.500 migrants affamés sont arrivés en Thaïlande, en Malaisie et en Indonésie. D'autres seraient encore pris au piège dans des bateaux en mer.

En Birmanie, les quelque 1,3 million de Rohingyas, qui prennent la mer par milliers, sont victimes de multiples discriminations dans ce pays marqué par un fort nationalisme bouddhiste. Vus comme une menace envers l'identité bouddhiste du pays, ils sont apatrides et n'ont accès ni aux hôpitaux, ni aux écoles ni au marché du travail.

La montée des violences communautaires a fait en 2012 quelque 200 morts, essentiellement des musulmans, et 140.000 déplacés. Cela a accéléré un exode en mer existant déjà depuis plusieurs années.

Un sujet tabou

Mais le sujet est tabou et le terme «rohingya» non reconnu par la Birmanie, qui considère cette minorité musulmane comme des immigrés du Bangladesh voisin, même si certains vivent sur place depuis longtemps.