Les commandos en action dans le camp palestinien de Nahr el-Bared

LIBAN Les combats ont repris samedi matin entre l'armée et le fath al-Islam...

De notre correspondant à Beyrouth, David Hury

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Les combats ont repris samedi matin entre l'armée libanaise et les islamistes du Fatah al-Islam retranchés dans le camp palestinien de Nahr el-Bared au Liban nord, au lendemain des pires affrontements depuis le début du bras de fer il y a deux semaines
Les combats ont repris samedi matin entre l'armée libanaise et les islamistes du Fatah al-Islam retranchés dans le camp palestinien de Nahr el-Bared au Liban nord, au lendemain des pires affrontements depuis le début du bras de fer il y a deux semaines — Joseph Barrak AFP

Les événements se précipitent au camp de réfugiés palestiniens de Nahr el-Bared, près de Tripoli au nord du Liban où sont retranchés les combattants du groupuscule jihadiste Fatah al-Islam. Un commando d’élite de l’armée libanaise d’un millier d’hommes aurait procédé, vendredi soir, à des incursions à plusieurs centaines de mètres à l’intérieur du camp. C’est la première fois depuis les accords du Caire de 1969, qui interdisaient à l’armée libanaise d’entrer dans les 12 camps de réfugiés du Liban, que les troupes régulières se lancent dans une telle action. Les autorités libanaises ont précisé qu’elles l’avaient fait en accord avec les représentants locaux de l’OLP (Organisation de libération de la Palestine). Objectif de l’opération: neutraliser les snipers et encercler le bâtiment où se cache Chaker al-Abssi, le chef du Fatah al-Islam. Toutefois, l’armée a démenti tard vendredi avoir pénétré dans le camp.

«L'armée progresse vers la partie nord-ouest du camp, où est retranché le gros des combattants de Fatah al-Islam. Elle n’a pas pénétré dans le camp, mais elle en a contrôlé à distance les bâtiments élevés», a indiqué un porte-parole militaire.

Civils pris en otage

Plus tôt dans la journée de vendredi, les combats aux abords du camp et les bombardements avaient été très intenses, faisant trois morts parmi les soldats libanais. Les bombardements s’étaient finalement arrêtés en fin de journée. Pour reprendre de plus belle samedi matin.

A l’intérieur du camp se trouvent environ 8.000 civils palestiniens, retenus «en otage comme boucliers humains» par les combattants du Fatah al-Islam selon d’autres réfugiés qui ont réussi à sortir. Depuis le début des combats le 20 mai dernier, le camp de Nahr el-Bared est privé d’eau, d’électricité et de nourriture. Cette situation rend très difficile l’action des militaires libanais qui ne peuvent se permettre des bavures.

Combats en dehors du camp

A Tripoli, la grande ville voisine, la population se terre dans les maisons depuis la mi-journée. Les rumeurs vont bon train, et les Tripolitains s’attendent à ce que les combats « sortent du camp », comme le craint Raghida, 42 ans, originaire de la ville.

Les combattants du Fatah al-Islam ont cependant déclaré, vendredi, qu’ils ne se rendraient pas et qu’ils lutteraient jusqu’au bout. En réponse, dans un dernier communiqué laconique, l’armée libanaise a annoncé qu’il lui faudrait 24 à 48 heures pour en finir.