Demandeurs d'asile: Bruxelles demande aux Etats de l’UE de partager leur prise en charge

IMMIGRATION Plusieurs dizaines de milliers de demandeurs d'asile sont arrivés en Italie, en Grèce et à Malte, trois pays débordés par ces flux de migrants…

20 Minutes avec AFP

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Des migrants attendent de débarquer d'un cargo islandais dans le sud de l'Italie, le 6 mai 2015.
Des migrants attendent de débarquer d'un cargo islandais dans le sud de l'Italie, le 6 mai 2015. — Antonio Calanni/AP/SIPA

La Commission européenne a demandé mercredi aux Etats de l'UE de prendre en charge sous deux ans 40.000 candidats à l'asile syriens et érythréens arrivés en Grèce et Italie, et les a appelés à accueillir dans le même délai 20.000 personnes bénéficiant du statut de réfugiés et installés actuellement hors Europe.

La demande doit permettre de venir en aide à l'Italie, la Grèce et Malte, débordés par les flux de migrants. «La proposition n'est pas parfaite, mais elle constitue un énorme pas en avant, car elle introduit le principe de la solidarité», a commenté mardi la chef de la diplomatie de l'UE, l'Italienne Federica Mogherini.

«Résoudre ce problème d'une manière plus complète et collective»

«Il va falloir construire un consensus» sur cette proposition de «relocalisation» des demandeurs d'asile «afin que les ministres de l'Intérieur puissent l'approuver à la majorité qualifiée lors de leur réunion le 16 juin» à Luxembourg, a-t-elle toutefois averti.

Les Européens doivent «résoudre ce problème d'une manière plus complète et collective», a déclaré le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, attendu mercredi à Bruxelles pour des entretiens avec les dirigeants de l'UE.

La France pas opposé à un partage

Mais l'exercice s'avère particulièrement difficile en raison de l'opposition du Royaume-Uni, de la Hongrie, des Etats Baltes, de la République Tchèque et de la Pologne à toute répartition obligatoire en fonction d'une clé de répartition. Si elle refuse toute mention de «quotas», la France n'est pas opposé à un partage en fonction de critères à définir.

Or la proposition présentée mercredi par le commissaire aux Affaires intérieures Dimitris Avramopoulos impose une clef de répartition fondée sur quatre critères: PIB, population, taux de chômage et nombre de demandes d'asile déjà enregistrées par le pays.

Cette relocalisation doit permettre le transfert à d'autres Etats de personnes éligibles pour une protection internationale. Elle ouvrirait une brêche dans le règlement de Dublin qui impose la prise en charge des demandeurs d'asile par le pays d'arrivée.

Une vague d’arrivées de migrants crainte cet été

La mesure vise à répondre à une «urgence», souligne la Commission européenne qui appréhende l'arrivée de vagues de migrants et de demandeurs d'asile durant l'été en Italie, à Malte et en Grèce. Un demi million de migrants pourraient tenter la traversée de la Méditerranée, a averti fin avril l'Organisation maritime internationale (OMI), une institution des Nations Unies.

Mais l'effort de solidarité doit être limité dans le temps et ne concernera que «les nouveaux arrivants à compter du mois de juillet». Ne devraient être réparties qu'un peu plus de 40.000 personnes, en priorité des demandeurs d'asile «originaires de Syrie et d'Erythrée», selon les indications obtenues de source communautaire.

«Il n'a jamais été question de rétroactivité», insiste-t-on. L'Italie devra donc gérer seule les quelque 80.000 arrivants -- migrants et demandeurs d'asile -- actuellement hébergés dans les centres du pays.

La France s'est dite disposée à accepter un «mécanisme temporaire de répartition dans l'Union européenne des demandeurs d'asile ayant un besoin manifeste de protection». Mais Paris «est et restera opposé à toute idée de quotas en matière de demande d'asile».