Pologne: L'élection d’Andrzej Duda à la présidence, un sévère avertissement à la majorité centriste

POLITIQUE Le conservateur Andrzej Duda a remporté l’élection présidentielle avec 51,55 % des suffrages…

Fabrice Pouliquen

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Andrzej Duda, élu président de la Pologne, à Varsovie le 24 mai 2015
Andrzej Duda, élu président de la Pologne, à Varsovie le 24 mai 2015 — WOJTEK RADWANSKI AFP

La Pologne a depuis dimanche un nouveau président ! Il s’agit du conservateur Andrzej Duda (opposition) qui a sorti le président sortant Bronislaw Komorowski. Son élection est un sévère avertissement pour les libéraux centristes au pouvoir avant les législatives d'automne.

Andrzej  Duda, dont la victoire a immédiatement été reconnue par Bronislaw Komorowski, prendra ses fonctions le 6 août et entamera une période de cohabitation délicate avec le gouvernement de ses adversaires libéraux d’Ewa Kopacz.

Vers un retour au pouvoir du parti populiste Droit et Justice

Elu avec 51,55% des suffrages selon les résultats officiels, Andrzej Duda a été propulsé à la tête de l'Etat par le parti populiste Droit et Justice (PiS) de Jaroslaw Kaczynski, qui fut chef du gouvernement entre 2006 et 2007 sous la présidence de son frère jumeau, Lech, décédé dans un accident d'avion en Russie en 2010.

Le PiS présente un programme très proche de l'Eglise catholique sur les questions de société, nationaliste et eurosceptique en politique étrangère et a multiplié les promesses au plan social (abaissement de l'âge de la retraite, réduction des impôts pour les plus modestes).

Il espère profiter de la dynamique créée par la victoire d’Andrzej Duda pour remporter les législatives attendues fin septembre ou début octobre, et mettre ainsi fin à la cohabitation avec les libéraux. Son chef, Jaroslaw Kaczynski, mènera la campagne du parti et briguera le poste de Premier ministre, ont annoncé lundi matin plusieurs responsables de la formation.

« Les Polonais veulent des changements »

Selon le journal Polska The Times, «les électeurs ont dit +ça suffit+ à la Plateforme civique» (PO), le parti au pouvoir depuis presque huit ans et proche du président sortant Bronislaw Komorowski, rival malheureux de Andrzej Duda. «Les Polonais veulent des changements. Ils ont brandi un carton jaune à la PO et risquent de lui brandir un carton rouge aux élections législatives», estime Polska The Times qui qualifie ce parti de «formation de chats gras, confortablement installés sur un canapé».