Ada Colau, dirigeante de Barcelona en Comu célèbre les résultats du premier tour lors d'une conférence de presse le 24 mai 2015.
Ada Colau, dirigeante de Barcelona en Comu célèbre les résultats du premier tour lors d'une conférence de presse le 24 mai 2015. — QUIQUE GARCIA AFP

POLITIQUE

A Barcelone, les indépendantistes catalans s’inclinent face à Podemos

La liste menée par Ada Colau a devancé les partisans de l’indépendance…

Ada Colau parle catalan, tweete en catalan, pourrait devenir maire de la capitale de la Catalogne, mais n’est pas une figure de l’indépendantisme. Ce dimanche, le mouvement séparatiste catalan a connu un sérieux revers aux élections municipales, la liste Barcelona en Comu, soutenue par Podemos et menée par la charismatique Ada Colau, ayant devancé les indépendantistes de Convergence et Union (CiU).

Podemos peut-il changer le visage de l’Espagne ?

Six mois après un référendum symbolique qui avait vu le « oui » à l’indépendance emporter plus de 80 % des suffrages, il semble que les catalans ont eu d’autres priorités pour les élections municipales. « Ce n’est pas la position sur l’indépendance de la Catalogne qui a défini les alliances sur la liste Barcelona en Comu, ce n’est pas leur revendication principale », explique Héloïse Nez, maître de conférences à l’université de Tours, spécialiste des mouvements sociaux en Espagne.

Podemos, ni pour ni contre l’indépendance

Au sein de l’alliance barcelonaise, un seul point semble faire le consensus : la possibilité laissée aux Catalans de s’exprimer sur l’indépendance par un référendum, officiel cette fois. « Podemos n’a pas de position ferme au sujet de l’indépendance, poursuit Héloïse Nez. Ils sont favorables à un processus d’assemblée constituante qui traiterait la question avec une participation citoyenne. »

Toutefois, la question de l’indépendance pourrait venir empoisonner les relations dans le futur conseil municipal : « Le nouveau parti Ciudadanos, de centre-droit, ne laissera rien passer sur les subventions qui pourraient être données à des associations indépendantistes ou pour financer l’organisation d’un référendum, estime Barbara Loyer, politologue spécialiste de l’Espagne. La société catalane est très polarisée, ce ne sera pas une question simple à gérer. »