Municipales en Espagne: Les «indignés» font trembler la droite

POLITIQUE Le Parti populaire (PP) devrait perdre les mairies de Madrid et de Barcelone au profit de la gauche...

20 Minutes avec AFP

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L'«indignée» Ada Colau brigue la mairie de Barcelone, le 24 mai 2015.
L'«indignée» Ada Colau brigue la mairie de Barcelone, le 24 mai 2015. — AFP

La droite espagnole peut trembler. Ce lundi, elle semble en passe de perdre certains de ses bastions régionaux quand les « indignés » pourraient remporter les mairies de Madrid et Barcelone.

A six mois des éléctions législatives, c’est un message de ras-le-bol qu’ont exprimé les Espagnols dans les urnes lors des municipales et régionales. Ils ont ainsi signifié qu’ils en avaient assez de l’austérité imposée par la droite et de la corruption des politiques.

A Barcelone, la liste de l' « indignée » Ada Colau, militante anti-expulsions, est arrivée en tête devant celle du maire nationaliste sortant Xavier Trias.

«C'est un souffle d'air frais»

A Madrid, la liste « Ahora Madrid » avec l’ex-juge Manuela Carmena, comprenant notamment des membres de Podemos, est deuxième après celle du Parti populaire (PP) sortant (20 conseillers contre 21). Mais elle pourrait gouverner avec l’appui des socialistes qui disposent de neuf sièges.

Madrid: Une ex-juge et une comtesse pour un siège de maire

« C’est un souffle d’air frais », s’enthousiasmait lundi un syndicaliste de gauche de 53 ans, venu manifester contre la fermeture d’une fabrique de tapisseries devant l’emblématique immeuble de la mairie de Madrid.

« Ça va convaincre beaucoup de gens qui ont peur du changement qu’il est possible de faire les choses autrement », estime une autre manifestante de 51 ans.

Opposition têtue

Dans la nuit, les partisans de Manuela Carmena, ancienne juge communiste de 71 ans, ont fêté ce qu’ils considèrent comme une victoire à Madrid, tenue par la droite depuis 23 ans et berceau du mouvement des « indignés », qui a vu le jour il y a quatre ans.

Ces indignés seront cependant vite rattrapés par la réalité des tractations qui suivront ces résultats.

Ada Colau doit être investie par le conseil municipal et peut être renversée par une coalition d’opposants. A Madrid, le PP part du principe que la liste de « Manuela » s’alliera aux socialistes du PSOE pour le chasser, mais reste en tête et lui mènera la vie dure.