Madrid: Une ex-juge et une comtesse pour un siège de maire

ESPAGNE Dans quelques jours, on saura qui de Manuela Carmena et Esperanza Aguirre, respectivement candidates de gauche et de droite, dirigera la Mairie...

20 Minutes avec AFP

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Manuela Carmena à un meeting de Podemos après l'annonce des résultats des élections municipales de Madrid, le 24 mai 2015.
Manuela Carmena à un meeting de Podemos après l'annonce des résultats des élections municipales de Madrid, le 24 mai 2015. — AFP

Le débat entre ces deux femmes a été un moment phare de la campagne des municipales à Madrid. L'ex-juge «rouge» Manuela Carmena et la conservatrice Esperanza Aguirre devront attendre quelques jours pour savoir laquelle des deux a remporté l’élection.

«Je ne te comprends pas, Esperanza... Qu'après nous avoir fait tant de mal, tu veuilles encore gouverner. Tu as fait un mal terrible à la démocratie».  C'est ainsi que Manuela Carmena, 71 ans s’est adressée à l'une des plus redoutables adversaires politiques espagnoles, Esperanza Aguirre, 63 ans, qui n’a pas (c’est un euphémisme) sa langue dans sa poche.

Municipales en Espagne: Les indignés aux portes de Madrid et Barcelone

Entrée en politique il y a 32 ans, « Espe », ex-ministre, ex-présidente du Sénat, présidente de la région de Madrid entre 2003 et 2012 et comtesse par mariage, lui a rétorqué qu'elle n'avait pas «le monopole de la compassion» avant de lui reprocher d'avoir évoqué la «souffrance» des «terroristes» de l'ETA, un affront aux victimes.

Les Madrilènes ont voté et donné 21 sièges à la liste d'Esperanza Aguirre et 20 à celle de Manuela Carmena, candidate d'une plateforme comprenant des «indignés» et le parti antilibéral Podemos. Si le Parti socialiste, qui dispose de neuf sièges, la soutient, elle sera maire.

Une attendrissante grand-mère contre une «indestructible»

Manuela Carmena n’est connue que depuis peu par les médias et le grand public. Elle fait suscite une réelle ferveur au sein de la gauche à Madrid, y compris chez les sympathisants du Parti socialiste, est sur les réseaux sociaux, où elle est dépeinte comme une attendrissante grand-mère.

Esperanza Aguirre, elle aussi grand-mère, avait quitté la politique en 2012. La vie de cette admiratrice de Thatcher a été émaillée d’épreuves, dont un cancer du sein, qu’elle a vaincu, un accident d’hélicoptère, et un attentat à Bombay. Cela lui vaut une réputation d’indestructible. Elle représente l’aile dure du Parti populaire (PP), qui détient la Mairie de Madrid depuis 1991.

« La comtesse de la corruption », selon Podemos

« C'est la combinaison entre le populisme d'extrême droite européen et le libéralisme économique », décrit le politologue Fernando Vallespin.

Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, la surnomme la «comtesse de la corruption»,  et l’accuse, comme Manuela Carmena, d'avoir protégé des responsables de son parti impliqués dans des affaires.

Manuela Carmena, elle, n'avait pas l'intention d’entrer dans la course des municipales après 45 ans passés à travailler comme avocate puis juge. « Des amis m'ont dit: « Allez, file un coup de main, il faut quelqu'un avec de l'expérience, qui amène beaucoup de propositions », a-t-elle raconté.

Cette ex-militante communiste propose notamment de lutter contre la corruption, d'ouvrir la gestion de la mairie aux citoyens et de diviser par deux son salaire, de 100.000 à 45.000 euros par an.