Espagne: Podemos va-t-il remporter les mairies de Barcelone et de Madrid?

MONDE Les élections municipales et régionales en Espagne, ce dimanche, pourraient être marquées par l’entrée de Podemos dans les mairies…

A.Ch. avec AFP
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Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, lors de la manifestation de Madrid, le 31 janvier 2015
Le leader de Podemos, Pablo Iglesias, lors de la manifestation de Madrid, le 31 janvier 2015 — Tom Gandolfini AFP

Podemos espère une victoire à la grecque. Quelques mois après l’arrivée au gouvernement du parti de gauche Syriza à Athènes, ce sont les Espagnols qui doivent se prononcer ce dimanche lors des élections régionales et municipales. Le parti antilibéral Podemos nourrit de grands espoirs, notamment avec de possibles victoires à Barcelone et Madrid.

La montée de Syriza peut-elle booster les gauches radicales européennes?

Depuis début mai, la campagne a semblé aussi intense que celle qui précèdera sans doute les législatives prévues à la fin de l'année. Elle reste pleine de suspense, avec 30% d'indécis juste avant le scrutin. Mais tous les sondages s’accordent à dire qu’elle marquera la fin du bipartisme en place depuis plus de 30 ans.

«Sortez dans la rue, sortez du jet privé»

Ces élections interviennent après une crise ayant entraîné des traumatismes qui n'ont pas encore pu être soignés par la reprise amorcée en 2014 (+1,4%). Des milliers de jeunes ont émigré pour fuir le chômage, qui touche encore  près du quart de la population active. D'innombrables affaires de corruption en pleine cure d'austérité ont aggravé les difficultés du Parti populaire, la droite de Mariano Rajoy, de convaincre du risque posé par les «expérimentations» des nouveaux partis comme Podemos, traité de formation «bolchévique» qui détruira les «libertés».

«Sortez dans la rue, sortez du jet privé, sortez de votre quartier de luxe et regardez la réalité de ce pays, M. Rajoy», a rétorqué Pablo Iglesias, le charismatique leader de Podemos lors de son dernier meeting vendredi à Madrid, promettant de défendre les droits à un logement, à la santé, à l'éducation et la lutte contre la corruption.

Podemos, le petit parti qui pourrait bien mater les gros

Selon les derniers sondages, les deux grands partis (Parti populaire de droite et parti socialiste) seront forcés de nouer des alliances dans 12 régions pour gouverner. Le scénario est identique pour les municipales où l’avenir de Madrid et Barcelone est très indécis. Dans la capitale catalane, Ada Colau, 41 ans, héroïne des «indignés», fondatrice d'une plateforme luttant contre les expulsions de logements, pourrait ravir la place à Xavier Trias, 68 ans, un nationaliste conservateur. Les premiers résultats partiels sont attendus à partir de 22h30.