Etats-Unis: Quand la NSA voulait traquer Ben Laden grâce à ses médicaments

ETATS-UNIS L'agence américaine de surveillance avait envisagé d'insérer des puces dans des équipements médicaux...

M.C. avec AFP

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Capture d'écran d'une vidéo fournie le 7 mai 2011 par le Département de la Défense américain montrant le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden
Capture d'écran d'une vidéo fournie le 7 mai 2011 par le Département de la Défense américain montrant le chef d'Al-Qaïda, Oussama ben Laden — Ho DOD

Oussama Ben Laden craignait que des puces électroniques, cachées dans les vêtements de sa femme, servent à le localiser. Mais se méfiait-il de ses médicaments? Selon le site américain d'informations The Intercept, la NSA avait envisagé de localiser le chef d'Al-Qaida en insérant des puces dans des médicaments ou des équipements médicaux.

«Marquer et suivre des médicaments ou fournitures médicales nous permettra de franchir les douves» dont Ben Laden s'est entouré, selon une présentation interne de l'agence américaine de surveillance datée de juin 2010, citée par The Intercept. Le chef d'Al-Qaida a été tué le 2 mai 2011 lors d'un assaut des forces spéciales américaines dans sa résidence d'Abbottabad.

Viser les hôpitaux du Comité international de la Croix Rouge

Le site fait référence à un document révélé par Edward Snowden, ancien consultant de la NSA qui a mis au jour en juin 2013 le vaste programme de surveillance de cette agence. Selon la présentation interne, l'agence américaine de renseignements CIA estimait que Ben Laden souffrait de plusieurs pathologies.

La NSA avait en conséquence jugé possible de cibler certains médicaments ou équipements, et de viser des circuits d'approvisionnement possibles du chef d'Al-Qaïda, comme les hôpitaux du Comité international de la Croix Rouge (CICR). Selon The Intercept, «il n'est pas clair» si le projet a commencé à être réalisé, ou s'il n'est resté qu'à l'état d'ébauche.

Fausse campagne de vaccination contre l'hépatite B

Une porte-parole du CICR, interrogée par The Intercept, a refusé de commenter ces informations tout en soulignant que l'organisation était «absolument opposée à tout détournement de l'aide humanitaire pour d'autres intentions». Sollicitée par l'AFP, la NSA s'est refusée à tout commentaire.

Le projet prévoyait d'associer à NSA, la CIA, l'agence de renseignement britannique GHCQ et des laboratoires gouvernementaux américains. Une fausse campagne de vaccination contre l'hépatite B avait été orchestrée en 2011 par la CIA à Abbottabad, la ville où se terrait le chef d'Al-Qaïda avec ses femmes et ses enfants, afin de prélever leur ADN et prouver leur identité. Il s'agissait de se convaincre de la présence d'Oussama Ben Laden dans le nord-ouest du Pakistan.