Répression à Cuba: «Le régime a un sentiment d'impunité» depuis son rapprochement avec les Etats-Unis

CUBA Dimanche dernier, une centaine de militants auraient été arrêtés...

M.C. avec AFP

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Manifestation à La Havane des Dames en Blanc, un groupe formé par des épouses de prisonniers politiques, à Cuba le 16 mars 2015.
Manifestation à La Havane des Dames en Blanc, un groupe formé par des épouses de prisonniers politiques, à Cuba le 16 mars 2015. — NEWSCOM/SIPA

«Nous avons vu ces dernières semaines, et particulièrement ces derniers jours, un durcissement de la répression à Cuba.» Pour Orlando Gutierrez Boronat, du Directorio democratico cubano, une organisation d'exilés cubains, la répression aurait même augmenté de manière «dramatique».

Selon lui, sur la seule journée de dimanche dernier, les organisations à Miami ont reçu le signalement de plus d'une centaine d'arrestations de militants, ainsi que d'une augmentation des violences contre les opposants et leurs domiciles. «Il y a un lien direct entre la politique de normalisation des relations du régime castriste (et les Etats-Unis) et le renforcement de la répression. Pourquoi? Parce que le régime a un sentiment d'impunité», juge-t-il.

Un «feu vert pour écraser l'opposition»

A La Havane, le dissident Elizardo Sanchez a confirmé l'arrestation «d'une centaine» de personnes en marge de la marche dominicale des Dames en Blanc, un groupe formé en 2003 par des épouses de prisonniers politiques. Comme c'est le cas habituellement, celles-ci auraient toutes été relachées quelques heures plus tard.

Les Etats-Unis et Cuba ont amorcé, sous l'égide du pape François, un dégel historique depuis l'annonce surprise du 17 décembre dernier des présidents Barack Obama et Raul Castro en vue d'une normalisation complète entre les deux ennemis de la Guerre froide. A cela s'est ajoutée la récente visite du président français François Hollande sur l'île. Autant d'éléments qui sont interprétés par la «dictature» comme un «feu vert pour écraser l'opposition et recevoir des investissements étrangers», estime Orlando Gutierrez Boronat.

A la veille d'un nouveau cycle de discussions entre Washington et La Havane, la secrétaire d'Etat adjointe pour l'Amérique latine Roberta Jacobson a concédé mercredi que la question épineuse des droits de l'homme et de la démocratie demeurait la principale pierre d'achoppement entre les deux pays.