Maroc: Amnesty International appelle le pays à stopper la torture

SOCIETE L'ONG estime que la pratique est « endémique » dans le royaume...

20 Minutes avec agences

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Un militant d'Amnesty manifeste contre la torture le 4 septembre 2014à Mexico
Un militant d'Amnesty manifeste contre la torture le 4 septembre 2014à Mexico — Ronaldo Schemidt AFP

Amnesty International réclame davantage d’efforts de la part du Maroc dans la lutte contre la torture. Les autorités marocaines « ont entrepris d’importantes démarches pour répondre et prévenir torture et mauvais traitements » de la part de ses forces de l’ordre, relève ainsi l’organisation non-gouvernementale (ONG) dans un rapport présenté, ce mardi, lors d’une conférence de presse à Rabat. Mais la torture, « endémique », est toujours « utilisée pour arracher des « aveux » et étouffer les voix dissidentes », déplore Amnesty.

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L’ONG indique avoir étudié 173 cas présumés de torture, qui concernent « des étudiants, militants politiques, partisans de l’autodétermination au Sahara occidental » mais aussi « des personnes soupçonnées de terrorisme et d’infraction de droit commun ». Parmi les pratiques recensées figurent des « coups, maintien dans des positions douloureuses, asphyxie, simulacres de noyade » et « violences psychologiques ou sexuelles ».

L’image d’un pays ouvert n’est qu’un « mirage »

Elle qualifie, par ailleurs, de « pratique alarmante » de récentes condamnations à des peines de prison pour « dénonciation calomnieuse » et « fausse dénonciation », à l’encontre de personnes ayant rapporté des faits présumés de torture.

« Les responsables marocains renvoient l’image d’un pays ouvert, respectueux des droits humains. Mais tant que la menace de la torture planera sur les détenus et les voix dissidentes, cette image ne sera qu’un mirage », a déclaré la secrétaire générale de l’ONG, Salil Shetty.

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Amnesty recommande la présence systématique d’un avocat

Le directeur de la région Moyen-Orient et Afrique du nord (Mena), Philip Luther, a lui aussi déploré, mardi, un « décalage » entre les « bonnes dispositions » de la législation marocaine et les « pratiques » : « La torture n’est plus systématique comme par le passé, mais elle reste un phénomène grave. »

Au titre de ses recommandations, Amnesty cite la présence systématique d’un avocat durant les interrogatoires, comme le prévoit le projet de réforme du code de procédure pénale.

Vers un Mécanisme national de prévention de la torture

Lors d’une conférence de presse, le secrétaire général de la délégation interministérielle aux droits de l’Homme, Abderrazak Rouwane, a, lui, fustigé les « préjugés » d’Amnesty envers le royaume. « Les conditions d’honnêteté et d’objectivité sont absentes de ce rapport », a-t-il commenté.

Et de rappeler que le Maroc a adhéré, en novembre dernier, au Protocole optionnel à la convention onusienne contre la torture (Opcat), ce qui doit aboutir à la création, d’ici la fin de l’année, d’un Mécanisme national de prévention (MNP) de la torture. Elle sera composée d’experts qui doivent encore être désignés.