Il entretenait des machines à ecstasy

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Le Français Serge Areski Atlaoui condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue (ici en novembre 2006).
Le Français Serge Areski Atlaoui condamné à mort en Indonésie pour trafic de drogue (ici en novembre 2006). — AFP Photo/BAY ISMOYO

Séduit par un salaire hebdomadaire de 2.000 euros pour entretenir des machines productrices d'ecstasy en Indonésie, un artisan-soudeur français se trouve désormais dans le couloir de la mort.

Il y a deux ans, Serge Areski Atlaoui, 43 ans, spécialisé dans la construction métallique travaillait à son compte aux Pays-Bas. Touchant 1.600 euros par semaine, en rétrocédant «50% aux impôts», il accepte une offre alléchante : créer une «fabrique d'acrylique» en Indonésie, pour une somme hebdomadaire, versée au noir, de 2.000 euros. «J'ai su par la suite que ce n'était qu'une couverture», reconnaît-il.

«J'étais sans crainte»

En septembre 2005, l’homme participe donc à l'ouverture de l'usine clandestine à Serang, à 60 kilomètres à l'ouest de Jakarta. Il installe des «mixeurs, pompes et machines à distiller». Son employeur lui demande ensuite de s'occuper de la maintenance du matériel. «Je restais à mon appartement et quand une machine était cassée, ils me téléphonaient et je venais réparer.»

Il affirme être alors persuadé que l'usine servait à effectuer des «tests» de fabrication du MDMA, le composant de l'ecstasy, sans produire de cachets. «J'étais sans crainte car ils m'avaient dit qu'ils ne faisaient que des tests.»

«Je me suis dis : je vais m'en tirer avec 15 ans»

Le laboratoire illégal est démantelé en novembre 2005 dans un raid de la police. Arrêté et écroué, le Français sait que l'Indonésie réprime sévèrement le trafic de stupéfiants. «Je me suis dis : je vais m'en tirer avec 15 ans (de prison).» Il se trompe.

A l'issue d'un procès-fleuve, le procureur demande sa tête. Serge Areski Atlaoui est finalement condamné, le 6 novembre 2006, à la réclusion criminelle à perpétuité. La sentence est confirmée en appel.

Fusillé

Au bout de 9 mois de prison, il obtient de déménager dans une cellule plus spacieuse. En janvier 2007, il se marie même en prison avec sa compagne, Sabine. Mais mardi, la décision de la Cour suprême est tombée comme la foudre: Serge Atlaoui doit être fusillé, car c'est ainsi que sont exécutés les condamnés à mort en Indonésie.

Le technicien estime être injustement châtié, vu qu'il effectuait des tâches subalternes de maintenance. Il assure ne pas avoir touché aux stupéfiants.

Indonésiens épargnés

Selon lui, la justice indonésienne a dans cette affaire épargné les accusés indonésiens, condamnés à 20 ans de prison alors qu'ils auraient directement participé à la confection de la drogue.

«Tous les étrangers se retrouvent avec la peine de mort. Ils (les autorités indonésiennes) veulent dire que les étrangers polluent leur pays», affirme-t-il. «Ils (les juges) se servent de mensonges pour justifier la peine de mort.»

Grâce présidentielle

Le seul espoir qui lui reste serait une grâce présidentielle. Le verdict de la Cour d'appel pourra être contesté uniquement si l'on découvre un nouvel élément de preuve.