Asie du sud est : Le «ping-pong humain» se poursuit avec les migrants

IMMIGRATION Jusqu’à 8.000 personnes dériveraient en ce moment en mer, piégées sur des bateaux et menacées de mourir de faim ou de maladie…

20 Minutes avec AFP

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Un groupe de migrants réunis à la descente du bateau dans la province d’Aceh, dans le nord-ouest de l’Indonésie.
Un groupe de migrants réunis à la descente du bateau dans la province d’Aceh, dans le nord-ouest de l’Indonésie. — AFP

Plusieurs centaines de migrants en perdition ont été secourus vendredi au large de l’Indonésie mais les espoirs de parvenir à une solution coordonnée à la crise ont été douchés par la Birmanie qui a menacé de boycotter un sommet régional sur le sujet. Le destin tragique de milliers d’exilés du Bangladesh ou de Birmanie fuyant la misère ou les persécutions dans leur pays d’origine fait écho au drame des migrants qui tentent de gagner l’Union européenne en traversant la Méditerranée.

Environ 700 migrants ont été secourus par des pêcheurs après le naufrage de leur bateau au large de la province d’Aceh, dans le nord-ouest de l’Indonésie. Leur bateau avait été repoussé au large par la Malaisie, souvent la destination finale des candidats à l’exil.

8.000 personnes dériveraient en mer

Les organisations humanitaires ont dénoncé le jeu de « ping-pong humain » auquel se livrent les gouvernements de l’Indonésie, de la Malaisie et de la Thaïlande. D’après les défenseurs des droits des exilés, parmi lesquels de nombreux Rohingyas, minorité musulmane de Birmanie parmi les plus persécutées au monde selon l’ONU, jusqu’à 8.000 personnes dériveraient ainsi en mer, piégées sur des bateaux et menacées de mourir de faim ou de maladie.

« Selon les informations initiales qui nous ont été données, ils ont été repoussés par la marine malaisienne jusqu’à la frontière maritime avec l’Indonésie », a déclaré Sunarya, chef de la police de la localité indonésienne de Langsa, dans la province d’Aceh, où les rescapés ont été débarqués par les pêcheurs.

Près de 1.300 autres migrants se trouvent déjà à Aceh après avoir réussi à toucher terre ces derniers jours. Un autre bateau transportant environ 300 Royingyas a quitté les côtes thaïlandaises et est reparti en mer, après que les autorités ont réparé son moteur et fourni des vivres aux exilés, selon Bangkok.

Une terrible odyssée

Les passagers, parmi lesquels de nombreux femmes et enfants, pleuraient en réclament de l’eau et des vivres, selon des journalistes de l’AFP qui avaient pu s’approcher de l’embarcation alors qu’elle se trouvait encore près de Koh Lipe, île du sud de la Thaïlande.

Ils ont raconté qu’en deux mois d’une terrible odyssée, dix personnes étaient mortes de faim ou de maladie et que les corps avaient été jetés par-dessus bord. « Nous n’avons rien à manger depuis une semaine, il n’y a nulle part où dormir. Mes enfants sont malades », disait Sajida, 27 ans et mère de quatre enfants. Le bateau avait pour destination la Malaisie mais le gouverneur provincial de la province thaïlandaise de Satun, Dejrat Limsiri, a expliqué à l’AFP qu’il ferait désormais route pour l’Indonésie.

« Nous leur avons donné des repas prêts à manger. Ils sont hors du territoire thaïlandais. Ils vont tenter d’aller en Indonésie puisqu’il semble qu’ils ne puissent pas aller en Malaisie », a-t-il ajouté, ignorant l’appel des Nations unies à les secourir pour éviter une tragédie.

La coordination semble même s’éloigner encore puisque la Birmanie, qui refuse la citoyenneté à la minorité Rohingya, a menacé de se désister pour le sommet organisé par la Thaïlande le 29 mai. « Il est peu probable que nous participions. Nous n’acceptons pas s’ils (les Thaïlandais) nous invitent uniquement pour alléger la pression à laquelle ils sont confrontés », a dit la présidence.