Israël: Le gouvernement très à droite de Netanyahou obtient la confiance du Parlement

ISRAEL Ce gouvernement composé de nationalistes, d'ultra-orthodoxes et de partisans de la colonisation repose sur une majorité minimale...

M.C. avec AFP

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Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Jérusalem, le 10 mai 2015.
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou à Jérusalem, le 10 mai 2015. — Sebastian Scheiner/AP/SIPA

C'est l'un des exécutifs les plus à droite de l'histoire du pays. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a obtenu jeudi par la plus étroite des marges la confiance du Parlement à son quatrième gouvernement.

«Je déclare que le gouvernement a obtenu la confiance de la Knesset. Félicitations», a déclaré le président du Parlement Youli Edelstein après une cérémonie tendue commencée par l'expulsion de trois députés arabes israéliens. Ces derniers s'en étaient pris verbalement au Premier ministre tandis que d'autres députés de l'opposition éclataient de rire en entendant Benjamin Netanyahou dire à l'ouverture de la séance: «Nous préserverons notre sécurité et ferons tout notre possible pour la paix».

Nationalistes, ultra-orthodoxes et partisans de la colonisation

La communauté internationale va désormais avoir affaire à un gouvernement qui fait la part belle aux nationalistes, aux ultra-orthodoxes, aux partisans de la colonisation et aux adversaires de la création d'un Etat palestinien indépendant, dans un contexte de vives tensions régionales et de conflit persistant avec les Palestiniens.

C'est aussi un gouvernement reposant sur une majorité minimale de 61 sièges sur 120 qui l'expose à la moindre absence dans son camp, voire au moindre mouvement d'humeur d'un député frustré. Au-delà des convictions des ministres, cette précarité aussi alarme les diplomates étrangers, inquiets que Benjamin Netanyahou ne soit à la merci des plus radicaux de ses alliés.

Obama attaché à la création d'un Etat palestinien indépendant

Ce gouvernement est confronté à des défis majeurs: menaces à ses frontières, offensive diplomatique et judiciaire des Palestiniens, liens détériorés avec les Etats-Unis, possibilité d'un accord nucléaire international avec l'Iran, grand ennemi d'Israël, sans parler des disparités sociales et du coût de la vie.

Les relations avec le grand allié américain traversent l'une de leurs crises les plus graves. Les Etats-Unis ont clairement signalé qu'ils attendaient le Premier ministre israélien et son cabinet au tournant. Et le président américain Barack Obama a réaffirmé jeudi son attachement au principe de la création d'un Etat palestinien indépendant. «Je continue à croire qu'une solution à deux Etats est absolument cruciale (...) pour la sécurité d'Israël sur le long terme», a-t-il déclaré à la résidence présidentielle américaine de Camp David.

La création d'un Etat palestinien au centre du règlement du conflit

«Je sais qu'un gouvernement a été formé et qu'il compte certaines personnes qui ne croient pas nécessairement à ce postulat», a dit Barack Obama en référence au nouveau gouvernement israélien. «Mais cela continue d'être mon postulat».

Pour Américains et Européens, la colonisation israélienne dans les territoires occupés est un obstacle majeur à la paix. En revanche, la création d'un Etat palestinien est centrale dans les grands projets internationaux de règlement du conflit. La France pourrait, après le 30 juin, reprendre les efforts pour faire adopter par le Conseil de sécurité de l'ONU une résolution sur ce conflit vieux de plusieurs décennies, résolution dont Israël ne veut pas entendre parler.