Indonésie: Une ONG dénonce les tests de virginité pour les femmes entrant dans l'armée

DISCRIMINATION L’armée défend ces tests, estimant que celles qui y échouent sont des « femmes de petite vertu » et ne méritent par conséquent pas de porter l’uniforme…

20 Minutes avec AFP

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Des membres des forces armées indonésiennes, le 22 avril 2013, à Jakarta.
Des membres des forces armées indonésiennes, le 22 avril 2013, à Jakarta. — ADEK BERRY / FILES / AFP

Après la police, Human Rights Watch a demandé ce jeudi à l’armée indonésienne d’arrêter de contraindre à des tests de virginité les femmes qui souhaitent faire partie de ses effectifs, dénonçant une pratique « cruelle, inhumaine et dégradante ».

Sur la foi d’entretiens avec des femmes qui ont embrassé la carrière, l’organisation affirme qu’un examen digital est requis pour les femmes souhaitant porter l’uniforme ou sur le point d’épouser un militaire.

L’armée « devrait immédiatement mettre fin à ces examens de virginité contraires à l’interdiction des traitements cruels, inhumains et dégradants prévue dans le droit international », a indiqué l’ONG dans un communiqué.

Le « test des deux doigts »

L’armée a défendu cet examen, dit « test des deux doigts », estimant que les aspirantes de petite vertu pourraient lui « nuire », mais démenti qu’il soit également imposé aux futures femmes de personnel militaire.

L’armée « assure des missions difficiles. Elle veille à la souveraineté du pays, à l’unité du territoire et à la sécurité de la nation », a fait valoir un porte-parole.

HRW avait déjà dénoncé l’an dernier l’existence de cette pratique dans la police, malgré les dénégations officielles.

« Je ne veux pas me souvenir de ces mauvaises expériences. C’était humiliant », témoignait à l’époque une jeune femme de 19 ans, citée dans le rapport de HRW.

La société est profondément conservatrice dans certaines régions de l’Indonésie où la virginité féminine est encore considérée comme une valeur primordiale.