Thaïlande: Des migrants appellent «à l'aide» depuis leur bateau en perdition

IMMIGRATION Les passeurs ont abandonné le navire...

20 Minutes avec AFP

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Des migrants birmans appellent à l'aide au large de la Thaïlande, le 14 mai 2015.
Des migrants birmans appellent à l'aide au large de la Thaïlande, le 14 mai 2015. — THANAPORN PROMYAMYAI / AFP

«S'il vous plaît, aidez-nous!»: des milliers de migrants de Birmanie et du Bangladesh étaient toujours jeudi en perdition en mer en Asie du Sud-Est alors que les gouvernements de la région continuent de repousser les bateaux, ignorant les appels à cesser ce jeu de «ping-pong humain». Le bateau, à la dérive, transporte environ 300 migrants rohingyas.

«Environ 10 personnes sont mortes au cours du voyage. Nous avons jeté leurs corps dans l’eau», a hurlé en rohingya l’un des migrants aux journalistes dans un bateau à proximité.

«Nous sommes en mer depuis deux mois»

«Nous sommes 300… Nous sommes en mer depuis deux mois. Nous voulons aller en Malaisie mais nous n’avons pas réussi à atteindre le pays», a-t-il ajouté entouré de dizaines de femmes et d’enfants dont certains en bas âge.

Sur le bateau, les migrants ont accroché un drapeau noir sur lequel a été inscrit à la hâte en anglais: «Nous sommes des Rohingyas de Birmanie», tandis qu’une grande bâche avait été tendue pour protéger les migrants, la plupart très maigres, du soleil.

La nouvelle politique d'immigration en Thaïlande effraie les passeurs

A proximité de ce bateau, aucun signe immédiat de la marine thaïlandaise qui effectue des recherches dans le secteur pour retrouver des migrants perdus en mer. Un officier de la marine thaïlandaise a indiqué qu'ils allaient les aider à réparer le moteur cassé du bateau pour qu'«ils puissent rejoindre leur destination».

Depuis quelques jours, les organisations internationales ont alerté sur le sort de milliers de migrants en perdition en mer après avoir été abandonnés par leurs passeurs, qui craignent la nouvelle politique répressive de la Thaïlande, traditionnelle voie de passage pour les filières clandestines.

Chaque année, des dizaines de milliers de candidats à l’exil transitent par le sud de la Thaïlande, vers la Malaisie et au-delà, pour fuir la pauvreté au Bangladesh ou la violence dans le cas des Rohingyas de Birmanie, minorité musulmane considérée par l’ONU comme l’une des plus persécutées au monde.