Grande-Bretagne: Nigel Farage revient sur sa démission et reste à la tête de l'Ukip

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Le leader du parti populiste Ukip Nigel Farage, le 13 avril 2015 à Clacton-on-Sea
Le leader du parti populiste Ukip Nigel Farage, le 13 avril 2015 à Clacton-on-Sea — AFP

Nigel Farage, qui a démissionné vendredi de la tête de l'Ukip, est revenu sur sa décision lundi après un joli tour de passe-passe pour continuer à présider aux destinées du parti europhobe et anti-immigration.

La promesse de l'ancien trader de 51 ans n'aura tenu que le temps d'un week-end. Battu lors des élections législatives jeudi dans sa circonscription de South Thanet (sud-est), il avait démissionné vendredi comme promis en cas de défaite.

«Je suis un homme de parole», avait alors souligné l'eurodéputé en ne fermant toutefois pas la porte à un retour après un été de «repos» et de «réflexion».

Trois jours plus tard, le come-back est déjà effectif après le refus sur mesure du comité exécutif de son parti d'entériner sa démission.

«Comme promis, Nigel Farage a remis officiellement sa démission en tant que leader de l'Ukip au parti. Elle a été refusée à l'unanimité par les membres du comité (...) Sur ces bases, Nigel Farage a retiré sa démission et reste président de l'Ukip», a expliqué le président du comité, Steve Crowther, dans un communiqué.

Il a souligné que, suite à la réélection du Premier ministre conservateur David Cameron, la campagne pour un référendum sur l'appartenance à l'Union européenne avait de fait «déjà commencé» et que l'Ukip avait «du coup besoin de sa meilleure équipe avec Nigel à sa tête».

La nouvelle devrait être accueillie avec un gros soulagement par les militants, tant la figure de Farage incarne le parti qu'il a cofondé en 1993. Certains pourraient cependant être déçus de le revoir ainsi revenir sur sa promesse, renouvelée à maintes reprises pendant la campagne, de tirer sa révérence en cas d'échec.

Vainqueur avec 27,5% des voix aux Européennes l'an dernier, l'Ukip n'a réussi à remporter qu'un seul siège de député jeudi, défavorisé par le mode de scrutin uninominal à un tour. Mais, en termes de voix, le parti s'est affirmé comme la troisième force politique du Royaume-Uni, loin devant les libéraux-démocrates, en quadruplant son score de 2010 pour passer de 3,1% à 12,6% des suffrages.