Grèce: Athènes va verser 750 millions d'euros au FMI

ECONOMIE Le gouvernement grec a assuré qu'Athènes continuerait «d'honorer ses obligations»...

A.B. avec AFP

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Le siège de la banque de Grèce, à Athènes
Le siège de la banque de Grèce, à Athènes — Louisa Gouliamaki AFP

Le gouvernement a déclenché lundi la procédure de paiement d'une nouvelle tranche de prêts de 750 millions d'euros au Fonds monétaire international (FMI), que le pays devait rembourser mardi, a-t-on appris auprès du ministère grec des Finances.

L'ordre de paiement a été donné à l'agence de la dette grecque (PDMA). A court d'argent en raison de longues tractations avec ses créanciers, UE et FMI, sur la poursuite de l'aide internationale au pays, le gouvernement grec a toutefois assuré à plusieurs reprises qu'Athènes continuerait «d'honorer ses obligations à la fois à l'étranger et à l'intérieur».

Encore 11,5 milliards d'euros à verser d'ici trois mois

Mais il est temps que les négociations avec les créanciers avancent, car c'est environ 11,5 milliards d'euros qu'il faudra encore verser rien qu'en juin, juillet et août.

Outre ces remboursements, qui représentent le principal et les intérêts de ce que la Grèce doit en particulier au Fonds monétaire international (FMI) et à la Banque centrale Européenne (BCE), l'agence de la dette grecque (PDMA) devra aussi trouver dans ces trois mois des investisseurs intéressés par le renouvellement de 9,2 milliards d'euros de bons du Trésor à trois mois et six mois.

Tsipras inquiète les investisseurs

Or, en ce qui concerne ces bons du Trésor (qui font généralement l'objet d'une émission de chaque type tous les mois), le taux de couverture, c'est-à-dire le rapport entre l'offre et la demande, a baissé depuis l'arrivée au pouvoir en janvier du gouvernement de gauche radicale d'Alexis Tsipras, témoignant de l'inquiétude des investisseurs sur les capacités financières du pays à court terme.

Car la Grèce n'a plus reçu un sou de ses créanciers depuis août 2014, alors qu'était au pouvoir l'ancien gouvernement de coalition conservateurs-socialistes d'Antonis Samaras.

«Un accord serait plus que bienvenu»

Bien que plus souple dans les négociations que la gauche radicale, l'ancien gouvernement avait renâclé à adopter certaines mesures budgétaires demandées par les créanciers en échange des derniers 7,2 milliards d'euros du deuxième plan de sauvetage du pays, qui commencent à faire cruellement défaut aux caisses du pays.

C'est pourquoi chaque versement au FMI fait désormais l'objet d'un grand suspense médiatique. Un très bon connaisseur de la dette grecque s'en amusait début avril, lorsqu'il fallait trouver 450 millions d'euros pour le FMI.

Mais cette fois, cette source est un peu plus inquiète. Après le versement dû mardi, «un accord serait plus que bienvenu», soupire-t-elle, estimant désormais que les choses «devraient tenir jusqu'à début juin».