Grande-Bretagne: Assuré de la majorité absolue, David Cameron va «former un gouvernement conservateur de majorité»

ELECTION LEGISLATIVES Le Premier ministre sortant a rencontré en tout début d'après-midi la reine Elizabeth II au palais de Buckingham, et va pouvoir gouverner sans coalition...

B.D. avec AFP
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Le Premier ministre britannique et leader du Parti conservateur, David Cameron, lors d'une conférence de presse devant le 10 Downing Street à Londres, le 8 mai 2015.
Le Premier ministre britannique et leader du Parti conservateur, David Cameron, lors d'une conférence de presse devant le 10 Downing Street à Londres, le 8 mai 2015. — AFP PHOTO / ADRIAN DENNIS

Les projections se confirment. Le parti conservateur de David Cameron a remporté les élections législatives de jeudi, avec au moins 326 sièges, ce qui lui assure la majorité absolue après l'annonce ce vendredi des résultats de 646 des 650 circonscriptions britanniques.

Conforté par un résultat aussi surprenant qu'inespéré, le leader des Tories a rencontré en tout début d'après-midi la reine Elizabeth II au palais de Buckingham en milieu de journée, pour recueillir son assentiment formel en vue de former le prochain gouvernement. Il a ensuite regagné le 10, Downing Street, tout sourire au bras de son épouse Samantha, au premier jour de son second mandat.

«Un gouvernement conservateur de majorité»

«Je vais maintenant former un gouvernement conservateur de majorité», a-t-il annoncé, cinq ans après les élections de 2010 où les Tories avaient eu besoin des libéraux-démocrates pour gouverner. Il restait alors encore quatre circonscriptions à dépouiller sur 650, mais les conservateurs étaient assurés depuis un moment déjà de la majorité absolue de 326 députés à la Chambre des Communes.

Les travaillistes étaient très loin, distancés à 232 sièges. Le Labour a été laminé en Ecosse, où les indépendantistes du SNP ont raflé 56 des 59 sièges de députés en jeu dans leur région autonome, jusqu'ici considérée comme un fief travailliste inexpugnable. Le compteur des libéraux-démocrates, alliés des conservateurs dans le gouvernement sortant, restait quant à lui bloqué à 8 députés, contre 56 préalablement.

«Bain de sang» politique

Nombre d'analystes avaient prédit, dès les premières tendances connues, «un bain de sang» politique, qui s'est confirmé: Nigel Farage, le chef de file du parti europhobe Ukip, battu à South Thanet, a été le premier à démissionner, suivi peu après par le leader libéral-démocrate Nick Clegg, 48 ans, qui a jeté l'éponge au sortir d'une nuit «dévastatrice», selon sa propre expression. Enfin, le patron des travaillistes Ed Miliband, a suivi le même chemin, en endossant «l'entière responsabilité de la défaite».

Les autres grands perdants du scrutin sont les instituts de sondages qui n'ont cessé de prédire un résultat ultra serré, renvoyant dos à dos les deux partis traditionnels frappés de déclin dans un paysage caractérisé par le multipartisme. Le Labour est d'abord et avant tout victime du tsunami nationaliste qui a déferlé sur l'Ecosse, le SNP décuplant presque sa représentation à la Chambre des Communes.

Poursuite de sa politique

David Cameron va donc pouvoir effectuer un second mandat au cours duquel il compte poursuivre sa politique d'austérité pour rétablir l'équilibre des finances publiques. A peine réélu il a aussi réitéré sa principale promesse de campagne: l'organisation d'ici 2017 d'un référendum sur le maintien ou pas du pays dans l'Union européenne.

Cette perspective inquiète ses partenaires européens en raison de la possibilité d'un «Brexit» (un acronyme désignant une sortie du club des 28), mais aussi les investisseurs, même si la victoire des conservateurs s'est traduite par un bond de la livre britannique sur les marchés asiatiques et une évolution à la hausse de la Bourse de Londres ce vendredi.

Mais, si «David Cameron a sensiblement accru sa stature», selon Patrick Dunleavy, expert à la London School of Economics (LSE), le plus jeune Premier ministre britannique en deux siècles s'étant comporté bien mieux que prévu dans les urnes, il pourrait avoir des difficultés «à faire quoique ce soit de radical».

Cameron devra de fait contenir le mécontentement de la frange eurosceptique de son parti et tenir à distance les prétendants à sa succession, alors qu'il a annoncé pendant la campagne qu'il ne briguerait pas de troisième mandat. L'un deux, le bouillant maire de Londres Boris Johnson, s'est fait élire député à Uxbridge, une étape essentielle pour prétendre à la direction du parti.