Grande-Bretagne: Après leurs revers, Ed Miliband, Nick Clegg et Nigel Farage démissionnent

LEGISLATIVES Au lendemain des législatives, le Premier ministre sortant David Cameron va  pouvoir effectuer un second mandat sans avoir recours à une coalition, les Conservateurs ayant remporté la majorité absolue...

B.D. avec AFP

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Le chef des libéraux-démocrates Nick Clegg s'exprime à Sheffield le 8 mai 2015 Lancer le diaporama
Le chef des libéraux-démocrates Nick Clegg s'exprime à Sheffield le 8 mai 2015 — LINDSEY PARNABY AFP

Une véritable hécatombe. Au lendemain d'une sévère correction lors des élections législatives en Grande-Bretagne largement remportées par le Parti conservateur de David Cameron, Ed Miliband, le chef du parti travailliste, mais aussi Nick Clegg, le leader du parti libéral-démocrate britannique, ou encore le leader de l'Ukip, Nigel Farage, ont annoncé ce vendredi leur démission.

Le chef du Parti travailliste, Ed Miliband, a annoncé peu après 13h ce vendredi qu'il démissionnait de ses fonctions. «Ce n'est pas le discours que je voulais prononcer», a-t-il dit en introduction de son allocution devant la presse et de nombreux partisans, avant d'assumer l'«entière responsabilité de la défaite» et de s'excuser de son échec, en particulier auprès des candidats défaits.

«Aujourd'hui est une journée sombre. Mais le combat continue»

«Le Royaume-Uni a besoin d'un parti travailliste fort. Il est temps qu'un nouveau leader prenne le relais», a-t-il dit. Il a ajouté confier l'intérim à la vice-présidente du Labour Harriet Harman dans l'attente de l'organisation d'un scrutin pour élire son successeur. «Aujourd'hui est une journée sombre. Mais le combat continue. Le Labour continuera de défendre les travailleurs», a-t-il encore dit avant de remercier ses équipes, ses électeurs et ses fans sur Twitter.

Les travaillistes avaient remporté 230 sièges, soit 48 de moins qu'en 2010, alors que les votes dans 643 des 650 circonscriptions britanniques avaient été dépouillés ce vendredi à 13h40. Soulignant qu'il avait rejoint le parti à 17 ans, Ed Miliband a dit qu'il n'avait jamais rêvé qu'il pourrait le diriger un jour. «J'ai fait de mon mieux pendant cinq ans», a ajouté celui qui a pris les rênes du Labour en 2010 face à son frère David Miliband, qui était également candidat à la tête du parti. Note plus personnelle, Ed Miliband s'est dit impatient de retrouver son épouse Justine et ses deux petits garçons, qu'il avait dit regretter d'avoir un peu négligé pendant la campagne.

Un peu plus tôt, Nick Clegg, le leader du parti libéral-démocrate britannique, avait fait de même, lors d'une conférence de presse à Londres, indiquant: «J'ai toujours pensé que cette élection serait incroyablement difficile. Les résultats ont été infiniment plus dévastateurs que je n'aurai jamais cru.» «C'est le coup le plus dur depuis que le parti a été fondé», en 1988, a-t-il ajouté, l'air abattu.

8 députés contre 56 dans le parlement sortant

Peu après 12h30, les libéraux-démocrates n'avaient que 8 députés (contre 56 dans le parlement sortant) alors que seules neuf circonscriptions restaient à dépouiller sur les 650 du pays. Le parti a semble-t-il durement payé son alliance avec les conservateurs ces cinq dernières années.

«Les livres d'histoire traiteront notre parti avec bienveillance. Avoir servi mon pays en temps de crise est un honneur que je chérirai à jamais», a assuré Nick Clegg, qui avait le poste de vice-Premier ministre dans le gouvernement de coalition mené par les Conservateurs. Cet europhile de 48 ans, polyglotte (néerlandais, anglais, français, espagnol, allemand), a tout de même réussi à sauver son propre siège, ayant été réélu jeudi dans sa circonscription de Sheffield Hallam (nord de l'Angleterre).

Farage, lui, n'exclut pas un retour à l'automne

Le leader de l'Ukip, Nigel Farage, battu dans sa circonscription de South Thanet, a lui aussi indiqué ce vendredi midi qu'il démissionnait de la tête du parti europhobe, sans toutefois exclure un retour à l'automne. «Je suis un homme de parole», a souligné l'eurodéputé de 51 ans, rappelant implicitement sa promesse de démissionner de la tête de son parti s'il ne réussissait pas à faire son entrée au parlement de Westminster.

Mais, il a ajouté qu'il allait «réfléchir cet été» s'il allait se présenter à sa propre succession en septembre. En attendant, il a proposé que la vice-présidente du parti Suzanne Evans prenne la tête de l'Ukip à titre provisoire. Après sa défaite, l'Ukip ne devrait conserver qu'un seul de ses deux députés à Westminster: Douglas Carswell, réélu à Clacton.