Elections en Grande-Bretagne: Le raz-de-marée des indépendantistes écossais

GRANDE-BRETAGNE Le SNP a remporté 56 des 59 sièges de la région...

M.C. avec AFP

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Des militants du SNP fêtent la victoire annoncée de leur parti aux élections législatives britanniques, à Livingston, le 8 mai 2015.
Des militants du SNP fêtent la victoire annoncée de leur parti aux élections législatives britanniques, à Livingston, le 8 mai 2015. — ATAA/ZDS/WENN.COM/SIPA

«C'est une très très mauvaise soirée»: mines abattues, des membres du Labour constataient avec dépit dès jeudi soir à Glasgow l'effondrement de leur parti en Ecosse. Dans leur région, les indépendantistes du SNP ont en effet remporté 56 des 59 sièges en jeu, multipliant par plus de neuf le nombre de leurs députés par rapport à 2010, selon des résultats définitifs.

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«Félicitations à nos 56 députés et merci à tous ceux qui ont placé leur confiance dans le SNP», a tweeté le parti à l'issue du dépouillement de la 59e et dernière circonscription de la région, sur 650 sièges à la chambre des Communes.

«Nous avons mené une campagne très positive et ce soir nous sommes très heureux», se réjouit James Dornan, membre du parlement écossais, qui souligne un «résultat fantastique». Alors que le résultat du SNP pourrait poser avec insistance la question d'un nouveau référendum d'indépendance, il souligne que la question ne se pose pas, à ce stade. «Ce n'est pas un vote pour le référendum, mais pour donner plus de voix à l'Ecosse au parlement de Westminster».

En Ecosse, le Labour a «perdu le lien» avec les gens

Dans la circonscription sud de Paisley et Renfrewshire, près de Glasgow, la jeune candidate du SNP Mhairi Black, tout juste âgée de 20 ans, a d'ores et déjà été élue députée, faisant mordre la poussière à Douglas Alexander, l'une des figures centrales du Parti travailliste britannique. Cette étudiante en sciences politiques à Glasgow remporte du même coup le trophée de la plus jeune élue au Parlement de Westminster depuis 1667.

Les travaillistes, eux, ne peuvent que constater la défaite. «C'est objectivement une très très mauvaise soirée pour le Labour à travers le Royaume-Uni», déclare Matt Kerr, membre de l'équipe de campagne d'un candidat travailliste. «Nous avions un programme très radical, le plus radical de ces 20, 25 dernières années, et malheureusement pour nous, en particulier en Ecosse, il a été rejeté». Interrogé sur les raisons de la déroute travailliste en Ecosse, qui fut longtemps un fief du Labour, il estime que le parti «n'était plus aussi connecté avec les gens» qu'il avait pu l'être par le passé. «Nous avons perdu ce lien», insiste-t-il.