Terrorisme: Les Etats-Unis peinent à contrer Daesh sur les réseaux sociaux

TERRORISME L'attaque au Texas, encouragée à distance sur Twitter, est «un avant-goût» d'autres attaques du même style selon un expert...

M.C. avec AFP

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Des Syriens passent en voiture devant une usine détruite où a été peint le drapeau de Daesh, à Alep, le 18 novembre 2014.
Des Syriens passent en voiture devant une usine détruite où a été peint le drapeau de Daesh, à Alep, le 18 novembre 2014. — JOSEPH EID / AFP

Ils aimeraient retourner Twitter en leur faveur. Les autorités américaines cherchent toujours la bonne formule pour contrer le groupe Etat islamique sur les réseaux sociaux, qui ont contribué à inspirer l'attaque de dimanche dernier contre un concours de caricatures de Mahomet au Texas. L'un des deux assaillants, Elton Simpson, était en contact sur Twitter avec un recruteur de Daesh bien connu des autorités fédérales américaines.

Ce genre de passage à l'acte encouragé à distance est «un avant-goût» d'autres attaques du même style, a prédit jeudi lors d'une audition devant le Sénat Peter Bergen, un expert du groupe de réflexion New America Foundation. «Quiconque utilise les réseaux sociaux» sait qu'un recruteur «qui tweete depuis la Syrie peut développer une relation émotionnellement très puissante» avec sa cible aux Etats-Unis, a expliqué de son côté J.M. Berger, un spécialiste des réseaux sociaux et de Daesh au groupe de réflexion Brookings institution.

«Un ratio de deux ou trois recruteurs pour une recrue potentielle»

Le groupe djihadiste s'appuie «sur un grand nombre de gens» pour promouvoir son message en ligne, explique J.M. Berger. Le groupe extrémiste «peut se permettre d'avoir un ratio de deux ou trois recruteurs pour une recrue potentiellement capable de commettre une attaque type "loup solitaire"», comme celle du Texas, selon lui.

Comme Daveed Gartenstein-Ross, de la Fondation pour la défense des démocraties, Peter Berger s'est prononcé pour la fermeture par Twitter des comptes faisant de la propagande pour Daesh. Depuis la fin de l'année dernière, le réseau social est très actif pour fermer les comptes ouvertement partisans de l'EI. Leur nombre a été «significativement réduit» par rapport à la fin de l'année 2014, où ils étaient environ 46.000, a-t-il expliqué.

Contrer sur le fond les messages relayés par les extrémistes

Le problème face à l'EI est aussi de contrer sur le fond les messages relayés par les extrémistes, ont souligné experts et parlementaires. Daveed Gartenstein-Ross, de la Fondation pour la défense des démocraties, a invité le gouvernement américain à réagir plus vite aux assertions de l'EI, qui sont parfois reprises par les médias généralistes, au besoin en déclassifiant des informations.

L'expert a pris l'exemple de la situation dans la ville de Derna en Libye, affirmant que la propagande de l'EI avait amené des médias à dire que la ville était contrôlée par le groupe extrémiste, alors qu'en réalité l'EI n'est qu'un des groupes présents. «Quand je pointe une exagération de l'EI à un journaliste, souvent je suis le premier à le faire», a-t-il déploré.