Elections en Grande-Bretagne: Les conservateurs à une voix de la majorité absolue, selon la BBC

POLITIQUE D'après une projection de la chaîne, ils obtiendraient 325 sièges, contre 232 pour les travaillistes...

M.C. avec AFP

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Le Premier ministre britannique David Cameron a été réélu dans sa circonscription, le 8 mai 2015.
Le Premier ministre britannique David Cameron a été réélu dans sa circonscription, le 8 mai 2015. — GEOFF CADDICK / AFP

«Il s'agit clairement d'une très grande nuit pour le parti conservateur», se réjouit David Cameron. Alors que les résultats définitifs des élections législatives ne sont pas encore connus, le Premier ministre britannique ne se prive pas de pavoiser. Il faut dire qu'une projection de la BBC, réalisée après le dépouillement des deux tiers des suffrages, donne à son Parti conservateur 325 députés, à un siège de la majorité absolue, contre 232 sièges au Parti travailliste.

 

Selon des résultats définitifs, les nationalistes du SNP raflent eux 56 des 59 sièges en jeu en Ecosse, multipliant par plus de neuf le nombre de leurs députés par rapport à 2010.

Face à ce raz-de-marée des nationalistes dans leur région, David Cameron a souligné que son but était «de gouverner pour tout le monde» en Grande-Bretagne et de «rassembler le Royaume-Uni». Il a évoqué de nouveaux transferts de pouvoirs aux régions s'il avait «le bonheur de former un gouvernement dans les prochains jours», l'ample victoire qui s'annonce pour le Premier ministre conservateur l'autorisant notamment à soumettre à référendum l'appartenance du Royaume-Uni à l'UE d'ici à 2017.

«J'ai toujours dit que la seule enquête d'opinion qui compte est celle du jour d'élection et je dirais que cela n'aura jamais été aussi vrai qu'aujourd'hui. On a eu une réponse positive à une campagne positive», a-t-il affirmé.

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Le sondage sortie des urnes prédisant un tel séisme avait été accueilli avec des pincettes jeudi à 22h tant il différait des prévisions des enquêtes d'opinion qui pronostiquaient un résultat ultra-serré depuis des mois. Mais il s'est progressivement matérialisé en cours de nuit, attestant d'une cuisante défaite des travaillistes et d'une déroute des libéraux-démocrates.

Ukip stable à 2 sièges

A 5h30, heure française, le dirigeant travailliste Ed Miliband a reconnu «une nuit très décevante pour son parti», depuis Doncaster où il a été réélu. Les lib-dems, partenaires des conservateurs dans le gouvernement sortant, étaient quant à eux menacés de perdre 46 de leurs 56 sièges. Le vice-Premier ministre Nick Clegg, qui a survécu à Sheffield, a laissé entendre qu'il pourrait démissionner de ses fonctions à la tête du parti après une «nuit cruelle et punitive».

Le parti populiste et europhobe Ukip, triomphateur des élections européennes de 2014 mais victime du mode de scrutin législatif uninominal à un tour, conserverait ses deux sièges, en dépit des 14% d'intentions de vote. Son dirigeant, Nigel Farage, était menacé à South Thanet. Il a annoncé qu'en cas d'échec «il tirerait le rideau».

La performance de «David Cameron a sensiblement accru sa stature», a fait valoir Patrick Dunleavy, expert à la LSE. Il s'est comporté bien mieux que prévu dans les urnes, mais pourrait avoir des difficultés «à faire quoique ce soit de radical», a-t-il ajouté. Fragilisé, Cameron devra contenir le mécontentement de la frange eurosescptique de son parti et tenir à distance les prétendants à sa succession.