Elections au Royaume-Uni: La presse choisit son camp

MÉDIAS Les journaux britanniques ont chacun leur favori et n'hésitent pas à afficher clairement leurs opinions en une. Ce qui n'est pas du goût de tout le monde...

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Un partisan du UKIP la veille de l'élection.
Un partisan du UKIP la veille de l'élection. — BEN STANSALL / AFP

Si la campagne électorale n'a pas suscité un engouement massif et que le contexte au Royaume-Uni est plutôt à la défiance envers les politiques, la presse locale, elle, a décidé d'y aller fort dans son soutien aux candidats.

Au programme des journaux qui traitent de l'élection de jeudiunes chocs, accroches enthousiastes ou au contraire, photos peu flatteuses. Et si le Financial Times regrette une campagne sous contrôle, allant jusqu'à faire un rapprochement avec la situation médiatique en Corée du Nord, tabloïds et grands quotidiens ont quand même choisi leur chouchou. 

«The Economist» vote conservateur, le «Guardian» préfère les travaillistes

Pour Le Times, le Daily Telegraph, le Sunday Times, le Financial Times et The Economist, les Anglais doivent voter David Cameron, le Premier ministre conservateur sortant. Le Guardian et l’Observer préfèrent, eux, le candidat de gauche Ed Miliband. De même que l’Independent et l’Independent Sunday, des journaux qui avaient pourtant donné leurs faveurs aux libéraux-démocrates (centristes) lors des élections de 2010.

Les tabloïds sont aussi partagés. Les quotidiens les plus lus du pays, le Daily Mail et le Sun votent conservateur. Ce dernier affiche ainsi en Une une photo peu flatteuse du travailliste Ed Miliband accompagnée du titre «Sauvez notre bacon». Les journaux du groupe Trinity Mirror (Daily Mirror, Sunday Mirror et People) penchent, eux, pour les travaillistes. Enfin, l'extrême droite de Nigel Farage peut compter sur le Daily Express et le Sunday Express, au point que leur propriétaire Richard Desmond est même un des principaux donateurs de son parti, UKIP.

 

Si on fait les comptes, la presse britannique porte plutôt son choix vers les conservateurs ou une coalition entre ces derniers et les libéraux-démocrates. Une prise de position qui agace Twitter, où certains internautes dénoncent un manque d'éthique. A l'image d'Andrew Neil, ex-rédacteur en chef du Sunday Times:

«Les Unes de demain montrent le pire du côté partisan de la presse britannique. Tout principe de séparation entre l'information et l'opinion ont disparu, même dans les journaux "de qualité".»

Le «Daily Express» roule pour l'extrême droite

Résultat, quelques échanges houleux avec, en tête, le porte-parole du Sun, Dylan Sharpe, qui tacle «l'establishment de gauche», peu soumis à la critique selon lui malgré sa virulence contre les candidats de droite.

 

Un débat qui n'empêche pas Nigel Farage, leader de UKIP, de boire du petit-lait... «Je prends quelques minutes pour lire [The Daily] Express ce matin!", tweete-t-il en exhibant la Une du journal qui milite en faveur de son élection: «Votez pour que le Royaume-Uni reste grand».