Ed Miliband, le possible futur Premier ministre du Royaume-Uni, est-il le roi du malaise?

POLITIQUE Découvrez quatre moments «gênants» de la carrière du candidat travailliste aux élections législatives du 7 mai...

Céline Boff
Ed Miliband, le candidat travailliste aux élections législatives
Ed Miliband, le candidat travailliste aux élections législatives — Tracey Paddison/REX Shu/REX/SIPA

Certains le qualifient de «gaffeur en série». D’autres, de «roi du malaise». Pour le quotidien The Telegraph, Ed Miliband, le candidat travailliste aux élections législatives du 7 mai, n’a tout simplement «pas conscience des conventions sociales les plus élémentaires». Really? 20 Minutes a sélectionné quatre moments jugés gênants par la presse britannique. Et vous, qu’en pensez-vous?

Un discours un peu «too much»

En 2010, c’est la guerre dans la famille Miliband. Après la démission de Gordon Brown, le leader du parti travailliste, la bataille pour sa succession commence et elle oppose Ed, 40 ans, à son frère, David, 45 ans… L’aîné est le favori des pontes du parti. Le cadet, plus à gauche, obtient le soutien des jeunes et des syndicats. Après des mois de campagne, les militants choisissent finalement Ed. La presse fait ses choux gras de cette compétition fraternelle et se gausse d’Ed le jour où, les résultats tout juste proclamés, il s’empare du micro et adresse un «David, je t’aime» à l’attention de son frère.

Le scandale du «bacon gate»

En pleine campagne pour défendre le parti travailliste aux élections européennes de mai 2014, Ed Miliband veut la jouer cool. Et populaire. Un matin, il se rend au New Covent Garden Market de Londres, le plus grand marché de gros de fruits, de légumes et de fleurs au Royaume-Uni. A 6h30, il achète un sandwich au bacon dont il commence la dégustation, face aux caméras. «Bad idea»: ce casse-croûte semble l’écoeurer comme en témoigne ce cliché.

La presse anglaise se moque d’autant plus d’Ed Miliband que le vendeur du sandwich affirmera aux journalistes voter non pas pour les travaillistes, mais pour le parti conservateur, «plus pro-business», selon ses propos.

«To kiss or not to kiss», telle est la question

En 2014 toujours, Ed conclut la conférence annuelle du parti travailliste en montant sur l’estrade avec sa femme, Justine. Elle tente de l’embrasser, il reste d’abord de marbre. Comprenant son erreur, il s’approche de sa femme, mais cette dernière ne bouge pas. Finalement, ils se donnent un petit baiser rapide. Quelques secondes plus tard, Ed tente à nouveau d’embrasser sa femme mais Justine lui oppose une fin de non-recevoir.



L’affaire du Sun

2014, encore. Quelques jours avant la Coupe du monde de football, Ed Miliband participe à une opération montée par le quotidien The Sun. Comme le Premier ministre David Cameron et le vice-premier ministre Nick Clegg avant lui, il prend la pose, un exemplaire du Sun dans les mains, pour signifier son soutien à l’équipe nationale. Mais l’exercice déplaît. D’abord parce que Miliband s’était montré très ferme sur la nécessité de conduire une enquête publique contre Rupert Murdoch, patron de presse potentiellement impliqué dans l’affaire des écoutes téléphoniques et… propriétaire du Sun.

Ensuite, parce que plusieurs responsables politiques travaillistes de Liverpool montent au créneau. Il faut dire que le Sun a une réputation exécrable dans cette région, à cause de sa couverture de la tragédie de Hillsborough. En 1989, le journal avait assuré que les supporters de Liverpool étaient à l’origine de ce drame - 96 personnes étaient mortes- parce qu’ils étaient ivres et qu’ils avaient attaqué les forces de l'ordre et les secouristes. Cette information, fausse, avait entraîné un boycott immédiat et massif du Sun. Seize ans plus tard, les ventes du Sun n’ont jamais redécollé dans cette région.