John Kerry au Kenya après des années de brouille, lutte contre les shebab au menu

DIPLOMATIE Avant la visite du président américan Barack Obama sur la terre natale de son père, prévue en juillet...

B.D. avec AFP

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John Kerry, le 23 avril 2015 à Washington
John Kerry, le 23 avril 2015 à Washington — JIM WATSON AFP

Après des années de brouille entre les deux pays, le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé ce dimanche au Kenya, avant la prochaine visite de Barack Obama sur la terre natale de son père.

Ce voyage à Nairobi, comme celui de la secrétaire d'Etat de l'époque Hillary Clinton en 2012, furent longtemps impensables du fait de l'inculpation qui visait le président kényan Uhuru Kenyatta devant la Cour pénale internationale (CPI).Mais ces poursuites pour crimes contre l'humanité pour le rôle présumé du dirigeant dans les violences postélectorales qui ont déchiré le pays fin 2007-début 2008 ont finalement été abandonnées en décembre dernier faute de preuves. La procureure de la CPI avait alors dénoncé de «vastes initiatives concertées pour harceler, intimider et menacer» les témoins.

Lutte contre les shebab

«Nous avons une longue relation avec le Kenya depuis plus de 50 ans, avec des liens économiques et culturels qui ne se sont jamais rompus. Il ne s'agit donc pas dans ce voyage de faire amende honorable. Il s'agit de renforcer et d'approfondir la relation que nous avons avec le Kenya et pour préparer aussi le voyage du président Obama qui aura lieu fin juillet», a défendu un diplomate américain auprès de journalistes voyageant avec John Kerry.

Ce dernier doit rester jusqu'à mardi au Kenya et rencontrer le président Kenyatta, avec qui il discutera notamment de la lutte contre les insurgés islamistes shebab somaliens, affiliés à Al-Qaida, que l'armée kényane combat en Somalie voisine dans le cadre d'une force militaire africaine.

Le Kenya reste traumatisé par l'attaque de l'université de Garissa, opération commando revendiquée par les shebab qui a fait début avril 148 morts, dont 142 étudiants, et qui a suscité l'indignation internationale. «Nous regardons comment nous pouvons apporter un soutien supplémentaire aux efforts du Kenya pour combattre les shebab», a expliqué le diplomate américain.

«Préoccupations» sur les droits de l'Homme

Les failles du système sécuritaire kényan sont régulièrement dénoncées, par la presse notamment. Après l'attaque de l'université, le ministère kényan de l'Intérieur a d'ailleurs dû reconnaître que des mises en garde des services de renseignements avaient été ignorées. Neuf responsables des services de sécurité de Garissa ont été suspendus et pourraient être inculpés de négligence criminelle.

John Kerry devrait également aborder la question des droits de l'Homme avec ses interlocuteurs, alors que des organisations de la société civile fustigent régulièrement des abus commis au nom de la lutte contre le «terrorisme». Il doit rencontrer des responsables de l'opposition et des militants de la société civile. «Nous continuons de soulever nos préoccupations en matière de droits de l'Homme et de démocratie», a assuré le responsable du département d'Etat.

Né d'une mère américaine et d'un père kényan, Barack Obama effectuera en juillet son premier déplacement au Kenya en tant que président. Il s'agira de son quatrième voyage en Afrique subsaharienne depuis son arrivée à la Maison Blanche il y a plus de six ans.

A Nairobi, il participera au Sommet mondial de l'entrepreneuriat qui rassemblera plus de 1.000 créateurs d'entreprises venus d'Afrique et d'ailleurs afin de mettre l'accent sur l'innovation sur le continent. Les Etats-Unis ne pointent qu'à la troisième place au tableau des échanges commerciaux avec l'Afrique, loin derrière l'Union européenne et la Chine.