Séisme au Népal: Le bilan humain définitif sera «beaucoup plus élevé»

CATASTROPHE Selon un dernier bilan des autorités népalaises, le sésime a déjà fait 7.040 morts et 14.120 blessés...

B.D. avec AFP

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Des femmes évacuent le 28 avril 2015 près de Katmandou les débris de bâtiments effondrés lors du séisme qui a touché le Népal
Des femmes évacuent le 28 avril 2015 près de Katmandou les débris de bâtiments effondrés lors du séisme qui a touché le Népal — MENAHEM KAHANA AFP

Le bilan humain définitif du séisme du 25 avril au Népal qui a fait 7.040 morts et 14.120 blessés sera «beaucoup plus élevé», des régions dévastées restant inaccessibles aux secours, a prévenu ce dimanche le ministre des Finances du pays. «Il reste des villages que nous n'avons pas encore pu atteindre, mais où nous savons que toutes les maisons ont été détruites», a expliqué Ram Sharan Mahat, soulignant que les répliques du séisme susceptibles de provoquer des dégâts supplémentaires étaient «incessantes».

Selon la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FISCR), «certaines villes et des villages dans les districts les plus durement touchés près de l'épicentre ont connu une dévastation presque totale». Or l'accès à ces zones reste très difficile. Les gravats, l'altitude et la météo réduisent les possibilités d'atterrissage pour les hélicoptères, et les routes sont presque toutes impraticables.

Apporter de l'aide aux survivants

Plus d'une semaine après la secousse, les autorités népalaises n'ont quasiment plus d'espoir de retrouver des rescapés dans les décombres. Des centaines de personnes sont toujours portées manquantes. «Les opérations de sauvetage se poursuivent, mais la priorité est maintenant d'apporter de l'aide» aux survivants qui n'ont pas encore reçu de secours de première nécessité, a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Laxmi Prasad Dhakal.

De son côté l'Unicef a exhorté à tout mettre en oeuvre pour éviter l'émergence d'épidémies parmi les 1,7 million de jeunes qui vivent dans les zones les plus touchées, à quelques semaines de la mousson. «Les hôpitaux sont débordés, l'eau est rare, des corps sont toujours ensevelis sous les gravats et des gens continuent de dormir dehors. C'est un terrain parfait pour la prolifération de maladies», a dit Rownad Khan, adjoint au représentant de l'organisme spécialisé de l'ONU pour l'enfance.

Lenteurs administratives

A cet égard, la patronne des opérations humanitaires de l'ONU, Valerie Amos, a regretté les lenteurs de l'administration népalaise pour effectuer le dédouanement de l'aide humanitaire étrangère, précisant avoir demandé au Premier ministre, Sushil Koirala, d'alléger la paperasse, ce qu'il s'est engagé à faire. Des avions chargés de vivres et d'équipements affluent depuis le séisme sur le petit aéroport de Katmandou en provenance du monde entier, mais les ONG se plaignent de procédures interminables. Le directeur de l'aéroport de Katmandou a fait valoir que de gros porteurs avaient été interdits d'atterrir de crainte que l'unique piste ne soit endommagée et ne puisse supporter leur poids.

Par ailleurs les sauveteurs ont récupéré ce dimanche une cinquantaine de corps, dont ceux de six touristes étrangers, dans la zone de Langtang, réputée pour ses circuits de trekking. «Notre priorité était d'évacuer les survivants. Nous en avons secouru environ 350, dont la moitié étaient des touristes ou des guides», a indiqué Uddav Prasad Bhattarai, responsable du district de Rasuwa. Au total les corps de 54 étrangers ont été identifiés dans tout le pays, selon le responsable national du tourisme, Tulsi Gautam.