L'armée nigériane libère par centaines des otages de Boko Haram

MONDE On ne sait toujours pas si les 219 lycéennes enlevées à Chibok (nord-est) le 14 avril 2014 en font partie…

C.P. avec AFP

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Une femme avec un bandeau réclamant le retour de nos filles ("Bring back our girls"), manifeste à Lagos, le 29 mai 2014
Une femme avec un bandeau réclamant le retour de nos filles ("Bring back our girls"), manifeste à Lagos, le 29 mai 2014 — Pius Utomi Ekpei AFP

Une longue procédure d’identification. Alors que l'armée nigériane a libéré près de 700 otages en moins d'une semaine dans la forêt de Sambisa, repaire de Boko Haram dans le nord-est du pays, l'incertitude demeure sur le sort des lycéennes de Chibok enlevées l'an dernier.

Otages ou de combattants terroristes?

«Un autre groupe de 234 femmes et enfants» retenus par le groupe islamiste «a été libéré jeudi» dans cette forêt, a annoncé vendredi soir l'état-major dans un communiqué.

«Ils ont été évacués et conduits avec d'autres ex-otages dans un endroit où des identifications sont en cours», a indiqué l'armée.

Au cours des jours précédents, quelque 500 femmes et enfants avaient déjà été libérés: un groupe d'environ 300 captives avait été délivré mardi, et 160 autres ex-prisonniers libérés jeudi.

«L'assaut sur la forêt se poursuit sur divers fronts», a expliqué l'armée, expliquant porter ses efforts sur le «sauvetage des otages civils et sur la destruction de tous les camps terroristes et de leurs équipements» dans la forêt de Sambisa.

Les membres du dernier groupe vont désormais devoir être identifiés pour déterminer s'il s'agit bien «d'otages ou de combattants terroristes», a souligné le porte-parole.

«Les terroristes sont connus pour utiliser des femmes dans leurs actions terroristes et en ont utilisé comme kamikazes. Il faut donc des enquêtes approfondies pour établir leurs véritables identités», a-t-il expliqué.

Offensive régionale contre Boko Haram

Le nombre de captifs délivrés au cours des derniers jours donne une idée de l'ampleur des rapts de masse perpétrés par le groupe islamiste, désormais affilié à l'organisation Etat islamique (EI).

Selon Amnesty International, environ 2.000 femmes ont été kidnappées depuis début 2014 par Boko Haram.

Des filles et femmes enlevées ont expliqué à cette organisation de défense des droits de l'homme avoir été soumises au travail forcé, à l'esclavage sexuel et avoir parfois dû combattre sur la ligne de front aux côtés des insurgés.

 

On ne sait toujours pas si parmi ces ex-otages se trouvent certaines des 219 lycéennes, dont le rapt à Chibok (nord-est) le 14 avril 2014 avait suscité l'indignation internationale.

Ces opérations militaires dans la forêt de Sambisa s'inscrivent dans le cadre d'une offensive régionale lancée en février contre Boko Haram, à laquelle participent aussi le Niger, le Tchad et le Cameroun voisins. Elles ont permis de reprendre une série de localités aux insurgés dans le nord-est du Nigeria.

Mais l'attaque, il y a une semaine, d'une position de l'armée du Niger sur le lac Tchad par des éléments de Boko Haram (46 soldats et 28 civils tués) montre que la menace demeure.