1er mai: Dispersion musclée à Istanbul, foules à Moscou et Séoul

MANIFESTATION La police a dispersé vendredi à l'aide de canons à eau et de gaz lacrymogène une manifestation d'un millier de personnes à Istanbul pour le 1er mai...

20 Minutes avec AFP

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La police disperse la manifestation du 1er mai 2015 à Istanbul.
La police disperse la manifestation du 1er mai 2015 à Istanbul. — BULENT KILIC / AFP

La police a dispersé vendredi à l'aide de canons à eau et de gaz lacrymogène une manifestation d'un millier de personnes à Istanbul pour le 1er mai, qui a par ailleurs donné lieu, de Moscou à Séoul, à de vastes rassemblements.

En début d'après-midi, les forces de l'ordre sont parvenues à repousser la foule qui s'était formée dans le quartier stambouliote de Besiktas en vue de protester contre le fait que l'emblématique place Taksim avait été décrétée par le gouvernement islamo-conservateur zone interdite pour la Fête du Travail.

Des échauffourées les ont ensuite brièvement opposées à de petits groupes de militants d'extrême gauche.La police a annoncé que 203 personnes avaient été arrêtées et 24 blessées, dont six policiers.

Depuis que la place Taksim a été au cœur en juin 2013 d'une vague de manifestations sans précédent ayant visé à dénoncer la dérive islamiste et autoritaire de son régime, le président Recep Tayyip Erdogan y interdit systématiquement les rassemblements de masse.

De leur côté, les syndicats réclament chaque année de pouvoir accéder à Taksim pour honorer la mémoire des 34 personnes tuées le 1er mai 1977 par des inconnus qui y avaient ouvert le feu. Le 1er mai 2014 déjà, de violents incidents avaient opposé manifestants et forces de l'ordre autour de cet endroit.

100.000 personnes à Moscou et à Séoul

A Moscou, environ 100.000 personnes, selon les autorités, ont pris part au défilé pour la Fête du Travail, organisé pour la deuxième fois au pied du Kremlin, sur la Place Rouge, depuis la chute, en 1991, de l'URSS. Certains agitaient des drapeaux russes et des ballons, un spectacle qui rappelait le temps de l'Union soviétique.

A Séoul, plus de 100.000 personnes, selon les syndicats, 38.000 selon la police, ont pris part à deux rassemblements distincts. «Nous écraserons par une grève générale toute tentative du gouvernement de supprimer les droits des travailleurs», a averti le président de la Fédération des syndicats coréens Kim Dong-Man, le gouvernement conservateur cherchant à rendre plus simples les embauches et les licenciements en vue, dit-il, d'introduire plus de flexibilité sur le marché du travail.

A Athènes, le ministre des Finances controversé et très médiatique dans le gouvernement de gauche radicale, Yanis Varoufakis, s'est joint aux près de 2.500 manifestants, d'après une source policière.

400.000 manifestants en Allemagne

Par ailleurs, environ 400.000 personnes ont manifesté dans toute l'Allemagne, avec pour principal mot d'ordre la défense du salaire minimum entré en vigueur cette année, a annoncé la confédération syndicale DGB.