Séisme au Népal: Polémique sur la prise en charge des ressortissants français

CATASTROPHE Rapatriés en France ce jeudi, plusieurs rescapés du séisme se plaignent de leur prise en charge dans les jours qui ont suivi de tremblement de terre au Népal...

Nicolas Bégasse
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Laurent Fabius accueille les rapatriés français du Népal le 30 avril 2015 à Roissy.
Laurent Fabius accueille les rapatriés français du Népal le 30 avril 2015 à Roissy. — KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Alors qu’environ 200 Français ont atterri tôt ce jeudi à Paris après avoir quitté une capitale népalaise plongée dans le chaos de l’après-séisme, plusieurs critiques se font entendre sur leur prise en charge. Des témoignages de rescapés, repris dans de nombreux médias, jettent le doute sur l’efficacité sur place de l’ambassade française, alors que plus de 2.000 Français ont été touchés par le séisme.

La critique  la plus fréquente  porte sur l’ambassade de France elle-même, le bâtiment n’ayant pu servir de refuge aux ressortissants désireux de trouver un toit dans une ville en ruines. «La porte de l’ambassade française a été fermée aux Français, témoigne sur BFMTV Laurent, un des rescapés rapatrié ce jeudi. Beaucoup de Français dormaient dehors, il n’y avait pas de sanitaires, pas d’alimentation, il a plu des cordes…»

«Selon eux le terrain n'était pas sûr»

Même son de cloche pour Nathalie, dont les critiques à l’égard de l’ambassade française à Katmandou ont été reprises, entre autres, sur France Info. «Après le séisme, on est allé à l’ambassade de France et on nous a dit qu’on ne pouvait pas aller quelque part. (…) On nous disait d’aller dormir dehors, il pleuvait.» Au Monde, Axel affirme n’avoir eu «aucune aide de l’ambassade de France», tandis que Vincent explique à RTL avoir «demandé de pouvoir rentrer dans l'enceinte de l'ambassade. Leur réponse fut négative, selon eux le terrain n'était pas sûr».

Cet argument, le Quai d’Orsay l’a répété ce jeudi à 20 Minutes: l’ambassade de France à Katmandou est petite, les Français touchés par le séisme trop nombreux, et une partie des locaux a été endommagée par le séisme. Plusieurs dizaines de ressortissants français ont au final pu y trouver refuge, mais héberger tout le monde n’était dès lors pas possible, indique-t-on, tout simplement pour respecter des règles de sécurité et faire en sorte qu’un mur de l’édifice fragilisé ne vienne pas s’écrouler sur un rescapé.

Une autre critique porte sur l’école française de Katmandou, qui n’a pu servir de second point d’accueil et héberger des rescapés «qu’aux alentours de 10h du matin dimanche, soit 22h après le début du séisme», selon le témoin de RTL. En fait, explique-t-on au ministère des Affaires étrangères, un premier travail de recherche a été nécessaire pour évaluer le nombre de ressortissants français présents au Népal. C’est une fois qu’a été prise la mesure du nombre important de Français sur place qu’a été ouverte l’école.

L'aéroport de Katmandou sous-dimensionné

Enfin, on peut s’étonner que des ressortissants d’autres pays aient pu être rapatriés tôt dans la semaine alors que le premier vol de rapatriement français a atterri ce jeudi matin, et qu’un second est attendu dans la soirée. Là, les services français n’avaient pas les mains libres: la rotation des avions a été mise en place par les autorités népalaises, sur un aéroport de Katmandou qui n’était pas dimensionné pour un tel trafic.

Un bénévole de la Croix-Rouge cité par l’AFP explicite cette difficulté, confiant que l’avion envoyé par la France a «tourné pendant deux heures» car «on était 15 avions à vouloir atterrir».

Des centaines de Français ont demandé à être rapatriés sur les vols mis en place par la France et 280 ressortissants restent à retrouver. En attendant, et malgré les critiques, le Quai d’Orsay affirme n’avoir eu et continuer à n’avoir qu’un mot d’ordre: «Faire le maximum pour nos compatriotes.»