Séisme au Népal: Les Français se mobilisent après la catastrophe

SOLIDARITÉ Les ONG constatent un élan de solidarité qui se traduit par de nombreux dons en ligne depuis samedi…

Laure Cometti
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Des rescapés du tremblement de terre se sont installés sous des tentes de fortune, en plein air, à Katmandou (Népal).
Des rescapés du tremblement de terre se sont installés sous des tentes de fortune, en plein air, à Katmandou (Népal). — Altaf Qadri/AP/SIPA

Alors que le Népal vient de déclarer trois jours de deuil national à la suite du tremblement de terre meurtrier qui a touché le pays samedi, l’aide internationale s’organise. Les besoins sont considérables: les ONG estiment qu'un million de personnes se sont retrouvées sans toit ni accès à l’eau et à de la nourriture. En France, les associations humanitaires font appel à la générosité du public pour intervenir en urgence et reconstruire le pays meurtri.

Un premier bilan «encourageant» 

Les premiers afflux de dons sur Internet sont encourageants. «La collecte s'est accélérée mardi matin, note Francis Charhon, directeur général de la Fondation de France. En deux heures, les dons des particuliers sont passés de 60.000 à 100.000 euros», notamment grâce à la publication d’appels aux dons dans de grands médias. Deux jours après le typhon Hayan, qui avait touché les Philippines en 2013, la fondation avait reçu 300.000 euros.

«Nous sentons que les Français sont émus et mobilisés», note Luc Evrard, responsable communication et développement de Médecins du Monde. L'ONG a récolté 170.000 euros mardi, soit un tiers du coût de son premier envoi humanitaire (15 tonnes de matériel et une douzaine d’urgentistes), et un dixième du budget qu'elle va débloquer d’ici à la fin 2015, «mais en deux jours, c’est encourageant». «Cet élan de solidarité montre que le pays est loin d’être recroquevillé sur lui-même, en ces temps de crise économique», souligne Luc Evrard.

Chez Handicap International, les dons atteignaient 160.000 euros mardi. Il faudra attendre les résultats de la campagne par voie postale (un canal qui génère la majeure partie des dons), pour tirer un premier bilan.

«Il faut agir vite»

Marino Fernandez, porte-parole d’Action Contre la Faim, espère voir la mobilisation s’amplifier. «Plus le temps passe, et plus il apparaît que le pays est en situation de crise humanitaire», insiste-t-il, ajoutant que la pluie et le froid rendent l’intervention d’autant plus urgente pour sauver des vies. Il faut agir vite.»

Sans attendre les dons de particuliers, les ONG ont débloqué leurs fonds propres pour réagir au plus vite et expédier du matériel et du personnel au Népal. Mais la générosité du public est cruciale pour pérenniser leur action sur place.

«Une part d'incertitude»

Quels facteurs jouent sur l’ampleur de la mobilisation du public? Les ONG s’accordent sur l’importance de la médiatisation de l'événement et des appels aux dons. «Mais il y a toujours une part d’incertitude, car si un autre événement vient détourner l’attention du public, ou si une information ternit l’image des forces de secours, cela peut affecter la collecte», souligne Emanuela Croce, responsable marketing de l'ONG CARE France.

Plus le lien avec le pays touché est fort, et plus le public se mobilise. Ainsi, les donateurs du Royaume-Uni, touchés par le sort de l'ex-colonie britannique, se mobilisent davantage selon CARE, qui a reçu 500.000 euros de dons. 

Le lien de solidarité peut aussi reposer sur la connaissance -réelle ou fantasmée- du lieu. «Toute une génération a rêvé de sillonner la vallée de Katmandou en voiture», décrit le professeur Jean-Jacques Eledjam, président de la Croix-Rouge française, qui a récolté 200.000 euros en deux jours.

Dans certains pays, les associations se regroupent derrière une plateforme en ligne unique, comme au Royaume-Uni. Les fonds collectés sont redistribués aux ONG selon leur capacité de déploiement sur le terrain. Un dispositif plus efficace, selon CARE. Aux philanthropes qui ne savent pas à quelle ONG donner de l'argent, l’association conseille de cibler les organisations déjà présentes au Népal, «capables d’agir plus rapidement».