Séisme au Népal: Katmandou pourrait avoir été déplacé de 3 mètres

SISMOLOGIE Mais l'Everest, malgré la puissance du séisme, n'a pas changé de hauteur... 1596846 1596559 1595243-

M.P. avec AFP
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Des secouristes observent des immeubles endommagés au lendemain du séisme qui a ravagé le Népal, à Katmandou le 26 avril 2015.
Des secouristes observent des immeubles endommagés au lendemain du séisme qui a ravagé le Népal, à Katmandou le 26 avril 2015. — AFP PHOTO / PRAKASH MATHEMA

Le séisme au Népal était tout sauf une surprise. En effet, le pays est situé sur une zone de collision entre la plaque tectonique indienne et la plaque eurasienne, et les tremblements de terre y sont réguliers. Ce dernier, parmi les plus importants, a atteint 7,8 sur l’échelle de Richter, dont l’épicentre se trouvait à quelque 80 km de Katmandou, et a fait près de 4.500 morts.

Pourquoi le tremblement de terre est si meurtrier

Une puissance telle que la ville de Katmandou a probablement «glissé d'environ 3 mètres vers le sud», indique à l'AFP James Jackson, spécialiste de la tectonique à l'Université de Cambridge, en s'appuyant sur l'analyse des ondes sismiques enregistrées après le tremblement de terre. La région de Katmandou s'est également soulevée d'environ 50 centimètres, tandis qu'au nord, une zone s'est abaissée de 50 centimètres, ajoute l’expert.

L'Everest n'a pas changé de hauteur

En revanche, si l'Everest (8.848 mètres) a ressenti les secousses, ce qui a déclenché des avalanches mortelles, il ne devrait pas pour autant avoir changé de hauteur, considère James Jackson. «Il est trop loin» de l'épicentre du séisme, «il n'a pas vraiment été affecté», ajoute-t-il.

Voir la vidéo de l'avalanche au moment où elle a frappé a l'Everest

La mesure des ondes mais aussi des capteurs installés au Népal permettront d'avoir une idée plus précise de la nouvelle cartographie du Népal. Des satellites permettront aussi de voir la déformation de la croûte terrestre.

Cette zone est particulièrement étudiée. Yann Klinger, spécialiste de la tectonique des plaques et directeur de recherche au CNRS (Centre national de la recherche scientifique), étudie avec plusieurs collègues depuis plusieurs années les séismes anciens dans une partie de l'Himalaya. Leur but est d'essayer de construire «un cycle sismique» et de prévoir à quelle périodicité un nouveau séisme est susceptible de se produire. Leur étude révisée devait paraître prochainement.

Un séisme dévastateur tous les 700 ans

«Nous avons estimé que cela pourrait se produire tous les 700 ans environ». Or la zone concernée ce week-end «a probablement cassé pour la dernière fois en 1344». «On y est donc», ajoute ce chercheur. «Nous avions vu que la section qui vient de rompre avait atteint un niveau de chargement probablement proche du seuil de rupture.» «La plaque indienne ne s'arrête jamais, relève Yann Klinger. Cette région continuera à avoir de grands séismes».

Pour l’instant, la région est encore secouée par des répliques. Sandy Steacy, responsable de l'Ecole des Sciences physiques de l'Université d'Adélaïde, pense «probable» qu'il y ait «plusieurs répliques de magnitude 5 et peut-être quelques-unes de magnitude 6 ou plus». «Les répliques devraient baisser en intensité avec le temps mais elles pourraient encore être ressenties pendant plusieurs semaines», selon Ian Main, professeur de sismologie à l'Université d'Edimbourg.