Séisme au Népal: Comment venir en aide aux sinistrés?

HUMANITAIRE Eau, nourriture, abris... Le séisme qui a touché le Népal samedi aurait affecté six millions de personnes...

L.C.
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Des dizaines de milliers de Népalais dorment dehors depuis le séisme qui a frappé le pays le 25 avril 2015, comme ici à Katmandou.
Des dizaines de milliers de Népalais dorment dehors depuis le séisme qui a frappé le pays le 25 avril 2015, comme ici à Katmandou. — Xinhua/SIPA

Le violent tremblement de terre qui a touché le Népal samedi a fait plus de 4.000 victimes, selon un bilan provisoire établi par les autorités, et 6.500 blessés. Alors que l’ONU estime que six millions de personnes sont affectées dans un périmètre de 100 km autour de l’épicentre du séisme, l’aide internationale s’organise pour secourir les sinistrés et les ONG lancent des appels aux dons.

Priorité aux dons financiers

Selon les associations, la manière la plus efficace de soutenir la population est de faire un don financier. «Les dons matériels ne sont pas très utiles dans cette situation», déclare Jean-Pierre Delomier, directeur de l’action d’urgence à Handicap International. «Trop compliqués à collecter, à trier et coûteux à transporter par avion», renchérit le professeur Jean-Jacques Eledjam, président de la Croix-Rouge française.

Idem pour les volontaires qui souhaiteraient se rendre sur place pour prêter main-forte au personnel de secours. «Cet élan de solidarité est positif, mais on ne s’improvise pas humanitaire, il faut une formation et un cadre d’action», souligne Jean-Pierre Delomier. Sans compter que certaines zones sinistrées sont difficiles d’accès à cause du relief, note-t-on du côté de la Croix-Rouge française. «Nous avons besoin de personnel rodé et expérimenté», explique Ismaïl Hassouneh, secrétaire national du Secours populaire. «En plus, on manque de place dans les avions», ajoute-t-il. L’aéroport de Katmandou, pris d’assaut par les touristes et étrangers souhaitant quitter le pays et les personnels humanitaires cherchant à y atterrir, était saturé ce lundi.

Des dizaines de milliers de personnes délogées

Les dons financiers permettront de soutenir les missions en humanitaires et de répondre aux besoins de la population affectée par cette catastrophe naturelle. La priorité est de chercher les rescapés et de soigner les blessés, explique-t-on à la Croix-Rouge, et de loger les personnes déplacées. En plus de matériel médical, le pays va avoir cruellement besoin d'aide humanitaire pour loger et nourrir les personnes affectées par le tremblement de terre.

Depuis samedi, des dizaines de milliers de Népalais dorment dehors, par crainte des répliques du séisme ou parce que leur foyer a été détruit. A Katmandou, de fortes pluies s’abattent ce lundi sur les déplacés qui s’abritent sous des tentes de fortune, tandis que la température avoisine les 13°C. Pour venir en aide aux sinistrés, la Croix-Rouge française va dans un premier temps expédier 150 tentes familiales dès mardi.

La situation est critique dans la région de Gorkha, plus proche de l’épicentre du séisme, où «80% des maisons ont été détruites ou sévèrement endommagées», selon le coordinateur des urgences de l’ONG CARE au Népal. «Il est urgent de fournir des abris rapidement, d’autant plus que la saison des pluies va débuter dans les prochaines semaines», témoigne Santosh Sharma.

La soif et la faim

L’accès à l’eau potable et à la nourriture est également problématique. Certaines canalisations d’eau ont été coupées et les marchés et les magasins sont fermés. La population dépend donc de l’aide humanitaire qui peut dans un premier temps fournir des filtres. «Dans cette situation de crise, le recours à la solidarité est essentiel et la force de notre action dépend de la générosité du public», insiste Jean-Pierre Delomier.

Le pays pourrait être durablement affaibli par cette catastrophe naturelle, avec des risques de pénurie de nourriture, met en garde le professeur Jean-Jacques Eledjam. L'aide humanitaire doit selon lui s'inscrire dans le long terme, «post-urgence».