Séisme au Népal: Pourquoi ce tremblement de terre est-il si meurtrier?

INTERNATIONAL Forte densité urbaine, infrastructures inadaptées... Plusieurs facteurs aggravent cette catastrophe naturelle meurtrière...

L.C.

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Les plaques tectoniques. Lancer le diaporama
Les plaques tectoniques. — via Wikipedia Commons

Le séisme qui a touché le Népal samedi a fait au moins 3.400 morts, selon un bilan provisoire qui risque de s’alourdir. Particulièrement exposé au risque sismique de par sa situation géographique, le pays est d’autant plus vulnérable que ses infrastructures sont inadaptées et en mauvais état. Ce manque de préparation explique en grande partie les dégâts causés par le tremblement de terre de samedi.

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Une zone à risque sismique élevé

Le Népal se trouve dans une région d’activité tectonique intense, à la jonction des plaques indienne (au Sud) et eurasienne (au Nord). Cette convergence de continents crée une des zones sismiques les plus actives au monde.

Les plaques tectoniques - via Wikipedia Commons

 

Un pays mal préparé

Si le tremblement de terre était prévisible, le pays n’était pas très bien préparé pour faire face à cette catastrophe naturelle. Son économie, affaiblie par une décennie de guerre civile, est exsangue, et les indicateurs de développement sont dans le rouge.

Dans ce contexte, en dépit de nombreuses études insistant sur l’importance d’équiper le pays pour mieux résister aux séismes, les autorités n'ont pas mis en œuvre de politique urbaine ni de dispositif d'intervention d'urgence pour se préparer aux catastrophes naturelles. L’absence de normes de construction est aggravée par le développement urbain aléatoire de la capitale et la croissance démographique de la très dense vallée de Katmandou (+6,5% par an), peuplée par 1,5 million d'habitants.

La conjugaison de ces facteurs rend la vallée de Katmandou «particulièrement exposée au risque sismique», notait un rapport établi par une cinquantaine d’experts internationaux réunis sur place une semaine avant la catastrophe.

Absence de normes de construction

Selon l'ONG National Society for Earthquake Technology, 93% des constructions de la capitale népalaise ne serait pas aux normes, ce qui explique la grande vulnérabilité de la ville. 

Les temples de la vallée de Katmandou, joyau historique et touristique, sont en bois et en mortier à base de boue, comme la plupart des constructions traditionnelles. «Beaucoup d’édifices et de monuments sont faits de mortier mélangé à de la boue. Ce matériau est très utilisé dans les villages situés dans les montagnes, nous craignons donc que les maisons en dehors de Katmandou se soient effondrées», témoigne Rupa Joshi, employée de l’Unicef au Népal.

«Ce sont les immeubles qui tuent, par les tremblements de terre», explique le sismologue britannique James Jackson Wald à l’agence American Press. «Les conséquences sont causées par l’homme», insiste-t-il. Selon un rapport de l’ONG Geohazards International, un résident de Katmandou a 400 fois plus de risques d’être tué par un séisme qu’un écolier de Kobe, une ville japonaise également exposée à un risque sismique important.

Un réseau de transport défaillant

Certaines agglomérations sont difficiles d'accès dans les régions montagneuses. En outre, plusieurs routes ont été endommagées par le séisme et les glissements de terrain qui en résultent, ce qui ralentit l'intervention des secours. Certaines lignes téléphoniques ont été coupées et les ONG doivent utiliser des téléphones satellitaires.

L'aéroport de Katmandou est saturé ce lundi et l'aide humanitaire doit emprunter des itinéraires alternatifs. Ces défaillances ralentissent le déploiement de l'aide d'urgence.

 

Il y a un an, les Réseaux d'information régionaux intégrés (Irin) avaient établi, avec le concours d'experts népalais et internationaux, le scénario catastrophe d’un séisme d’intensité IX sur l’échelle de Mercalli (qui compte 12 niveaux) dans la vallée de Katmandou. Le bilan de ce séisme hypothétique se chiffrait à 380.000 morts.