Un membre de Fatah al-Islam se fait sauter

TRIPOLI Un cessez-le-feu avait pourtant été proclamé unilatéralement par le groupe islamiste...

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Une bataille acharnée faisait rage mardi pour le troisième jour consécutif autour du camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, entre l'armée et les islamistes du Fatah al-Islam, tous déterminés à se battre jusqu'au bout.
Une bataille acharnée faisait rage mardi pour le troisième jour consécutif autour du camp palestinien de Nahr al-Bared, dans le nord du Liban, entre l'armée et les islamistes du Fatah al-Islam, tous déterminés à se battre jusqu'au bout. — Ousama Ayoub AFP

Un membre du groupe islamiste Fatah al-Islam, traqué par la police à Tripoli, chef-lieu du Liban nord, s'est fait exploser mardi, a indiqué un officier de la police. L'extrémiste, barricadé dans un appartement dans un immeuble à Tripoli, a refusé de se rendre à la police et s'est fait sauter en déclenchant une ceinture bourrée d'explosifs.

Dans un premier temps, les policiers avaient forcé la porte de l'appartement du cinquième étage, après avoir blessé l'islamiste à la jambe. «Sommé par les policiers de se déshabiller de peur qu'il ne soit porteur d'explosifs, le fondamentaliste a jeté son revolver mais s'est fait sauter tout de suite après, a raconté un officier de police.
  
Cessez-le-feu unilatéral

Les combats avaient pourtant marqué une trêve mardi à la mi-journée autour du camp palestinien de Nahr al-Bared, entre l'armée et les islamistes du Fatah al-Islam qui ont annoncé un «cessez-le-feu» unilatéral, accueilli avec suspicion par l'armée, à condition que les bombardements de l’armée cessent.

65 morts en trois jours

Après trois jours de combats qui ont fait 65 morts, les plus meurtriers depuis la guerre civile au Liban entre 1975 et 1990, l'armée libanaise a averti qu'elle «continuerait à répliquer aux tirs des éléments armés qui sont déployés à l'intérieur du camp», par souci d'épargner les civils.

Un convoi de l'agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), composé de quatre véhicules chargés de vivres et de secours, est entré en début d'après-midi dans le camp. Depuis la veille, médecins et responsables palestiniens tiraient la sonnette d'alarme sur la situation humanitaire à Nahr al-Bared, l'un des plus peuplés des 12 camps du Liban avec 30.000 réfugiés, où 17 civils ont été tués et des dizaines d'autres blessés.

Et des attentats

Le groupuscule islamiste a d'ailleurs revendiqué mardi deux attentats qui ont frappé Beyrouth dimanche et lundi, avant de démentir. Cette flambée de violence, et les deux attentats concomitants à Beyrouth, ont soulevé de nouvelles craintes sur la stabilité du Liban, enlisé dans une crise politique liée au projet de tribunal international pour juger les assassins de Rafic Hariri.