Lougovoï réfute l'accusation de Londres et promet des révélations

Sa. C. avec AFP

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L'ancien espion russe Alexandre Litvinenko a été probablement empoisonné par du polonium 210, une matière hautement radioactive, ont déclaré vendredi les autorités sanitaires britanniques.
L'ancien espion russe Alexandre Litvinenko a été probablement empoisonné par du polonium 210, une matière hautement radioactive, ont déclaré vendredi les autorités sanitaires britanniques. — AFP/Archives

Sept mois après la mort d’Alexandre Litvinenko, Scotland Yard tient son plus sérieux suspect. Le parquet britannique a inculpé mardi l'ancien agent du KGB, Andreï Lougovoï pour le meurtre de l'ex-agent russe, en novembre, à Londres. Mais son arrestation n'est pas pour demain: la Russie a fait savoir qu'elle refusait son extradition.
«Aux termes de la Constitution de la Fédération de Russie, les citoyens russes ne peuvent pas être extradés vers des pays étrangers pour être traduits en justice et Lougovoï est un citoyen de la Russie», selon l'agence russe Ria Novosti qui cite une source du Parquet général russe.

Une décision qui n’est pas du goût de Marina Litvinenko, veuve de l’ex-espion décédé. Elle a porté plainte mardi contre la Russie devant la Cour européenne des droits de l'Homme à Strasbourg, a annoncé son avocate.

Lougovoï promet des déclarations fracassantes

Soupçonné par la justice britannique d’être impliqué dans l’assassinat d’Alexandre Litvinenko, Lougovoï a rejeté mardi toute culpabilité dans l'affaire, considérant «cette décision comme politique» et mettant en doute les éléments rassemblés contre lui par le parquet britannique.
Il a promis de faire prochainement des déclarations publiques qui «vont faire sensation dans l'opinion publique britannique et pourront changer de manière radicale la perception des événéments qui se sont produits ces dernières années en Grande-Bretagne autour de certaines personnalités d'origine russe». Une façon de citer, sans le nommer, Boris Berezovski, milliardaire russe exilé au Royaume-Uni et ennemi déclaré de Poutine.

A Londres, l'implication du suspect ne fait aucun doute. «J'ai aujourd'hui conclu que les preuves apportées par la police sont suffisantes pour inculper Andreï Lougovoï pour le meurtre de M. Litvinenko par empoisonnement délibéré», a déclaré le directeur du Crown Prosecution Service (CPS) Sir Ken MacDonald.
Ne manque plus que le principal intéressé, toujours en Russie. Le Royaume-Uni a entamé des démarches pour obtenir son extradition mais la Russie avait déjà fait savoir qu'elle s'opposerait à toute extradition de l'un de ses ressortissants dans cette affaire.

Du polonium partout où Lougovoï est passé

Lougovoï était apparu rapidement dans le dossier. Arrivé à Londres le 31 octobre, il avait affirmé s’être rendu au match CSKA Moscou – Arsenal. Le 1er novembre vers 16 heures, dans le salon de l’hôtel Millenium de Londres, il prend un verre avec Litvinenko, en compagnie d’un de ses associés, Dimitri Kovtoun, lui aussi un ancien des services secrets russes. Un troisième homme aurait pu être également présent.

Lougovoï affirme avoir quitter Londres le 3 novembre pour rentrer à Moscou. Des traces de radioactivités ont été découvertes dans son avion et dans le stade d’Arsenal. De plus, le Millenium Bar est le lieu qui présentait la plus grande concentration de polonium 210, la substance radioactive qui a lentement tué Litvinenko.

L’enquête devra encore démontrer si Lougovoï a agi seul. Sur son lit de mort, Litvinenko avait directement accusé Vladimir Poutine d’être le commanditaire de son empoisonnement.