Sierra Leone: Réouverture d’une réserve des chimpanzés face au recul du virus Ebola

ANIMAUX La plus grande menace pour les chimpanzés demeure la destruction de leur habitat naturel ...

20 Minutes avec agences

— 

La réserve de chimpanzés de Tacugama prés de Freetown, la capitale du Sierra Leone, avait dû fermer en août 2014, en pleine explosion de l'épidémie d'Ebola
La réserve de chimpanzés de Tacugama prés de Freetown, la capitale du Sierra Leone, avait dû fermer en août 2014, en pleine explosion de l'épidémie d'Ebola — AFPTV

Par un après-midi humide, Tom, 30 ans, épouille son voisin à l'ombre, insouciant de l'épidémie d'Ebola qui a failli le priver de son gîte. Comme ses quelque 5.500 congénères en Sierra Leone, ce chimpanzé est un rescapé de la redoutable fièvre hémorragique. En effet, la réserve de chimpanzés de Tacugama, dans les collines verdoyantes autour de la capitale, Freetown, a rouvert au public la semaine dernière. Inaugurée en 1995, celle-ci avait dû, en août 2014, fermer ses portes alors que la contamination du virus Ebola, qui touche les singes aussi bien que les humains, explosait.

La réserve n'acceptera plus de nouveaux chimpanzés

Abdoul Koroma, un membre du personnel de cette réserve, où vivent Tom et 85 chimpanzés et, qui perdait un tiers de ses revenus, raconte: «Nous étions tous inquiets pour notre avenir si le sanctuaire ne rouvrait pas.» L'inquiétude a duré jusqu'au début de l'année, quand le nombre de nouveaux cas d'Ebola a commencé à baisser de manière continue, permettant à la Sierra Leone de lever une série de restrictions de mouvement, de rouvrir ses frontières et d'accueillir à nouveau des touristes audacieux.

De nombreux amoureux de la nature nous demandaient quand nous allions rouvrir. Étant donné la baisse du nombre de cas d'Ebola ces dernières semaines, nous nous y sommes décidés», explique le directeur sri-lankais, Bala Amrasekaran. Il ajoute: «Après l'épidémie d'Ebola, nous avons décidé de ne pas accepter de nouveaux chimpanzés à cause du risque de contracter la maladie, ce qui serait catastrophique pour eux».

Ebola: Plus de 26.000 personnes contaminées par le virus, selon l'OMS

Un tiers de l'espèce tuée par le virus Ebola

Selon l'Institut Jane Goodall, près d’un tiers de la population mondiale de chimpanzés a été tuée par Ebola depuis la première apparition de cette maladie dans les années 1970. Tom, a, quant à lui, «été récupéré alors qu'il était bébé, comme un animal domestique, et depuis sa naissance il n'avait pas été mélangé aux autres chimpanzés», explique le directeur de la réserve. «Il a été progressivement réinséré en 2014, nourri avec des aliments naturels et familiarisé à la présence et aux sons des autres chimpanzés. Maintenant, il est l'un d'entre eux», précise-t-il.

Paradoxalement, l'épidémie d'Ebola a eu le mérite de freiner la chasse traditionnelle des chimpanzés pour la viande de brousse. Malgré le développement du virus, la plus grande menace pour ces grands singes demeure la destruction de leur milieu naturel, avec une forêt qui représente désormais à peine 5% de sa superficie d'il y a cent ans.