Génocide arménien: «La France attend d'autres mots de la Turquie», insiste François Hollande

COMMEMORATION La Turquie se refuse toujours à reconnaître le génocide arménien...

20 Minutes avec AFP

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François Hollande en Arménie pour le 100e anniversaire du génocide arménien, le 24 avril 2015.
François Hollande en Arménie pour le 100e anniversaire du génocide arménien, le 24 avril 2015. — KIRILL KUDRYAVTSEV / AFP

François Hollande a estimé vendredi que la Turquie avait prononcé des «mots importants» sur le génocide arménien mais il a souligné que «d'autres sont encore attendus». Ankara se refuse toujours à reconnaître ce génocide que la France, elle, «n'oubliera pas».

«Il y a en Turquie des mots, et des mots importants, qui ont déjà été prononcés mais d'autres sont encore attendus pour que le partage du chagrin puisse devenir le partage d'un destin», a-t-il déclaré lors des cérémonies marquant le centenaire du déclenchement des massacres d'Arméniens.

Pourquoi, 100 ans après, la Turquie refuse-t-elle toujours de reconnaître le génocide arménien?

«Je m'incline devant la mémoire des victimes»

En janvier 2014, le président turc Recep Tayyip Erdogan, alors Premier ministre, avait fait un geste inattendu, présentant les condoléances de son pays «aux petits-enfants des Arméniens tués en 1915». Mais l'Arménie avait rejeté ces condoléances, réclamant reconnaissance du génocide et «repentir».

«Je m'incline devant la mémoire des victimes et je viens dire à mes amis arméniens que nous n'oublierons jamais les tragédies que votre peuple a traversées», a commencé à dire le président français après avoir déposé une fleur au Mémorial des victimes du génocide arménien, à Erevan.

François Hollande a dénoncé aussi «une entreprise méthodique et systématique d'éradication à l'oeuvre» au Proche et au Moyen-Orient.

«Le danger, c'est toujours la disparition des minorités»

«Les musulmans sont par leur nombre les premières victimes mais c'est toute la mosaïque de peuples, de religions, de cette région qui est devenue une cible», a-t-il poursuivi, évoquant notamment les Chrétiens d'Orient et fustigent «la barbarie des terroristes de Daech», l'acronyme arabe de l'organisation Etat islamique.

«Le danger, c'est toujours la disparition des minorités et c'est pourquoi il était important d'être ici à Erevan pour appeler à la défense de toutes les minorités et notamment des Chrétiens d'Orient», a-t-il souligné.

La Turquie a toujours refusé d'admettre toute élimination planifiée des Arméniens en 1915, évoquant la mort d'environ 500.000 d'entre eux alors qu'Erevan chiffre le nombre des victimes à 1,5 million.